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Le budget, un «échec» environnemental

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Photo: Archives Métro

Divers organismes environnementaux, de même que les partis d’opposition à l’Assemblée nationale, considèrent que le budget déposé par l’administration Legault propose des mesures insuffisantes en matière de réduction de gaz à effet de serre (GES). Québec investit 1 G$ supplémentaire dans son Plan pour une économie verte.

«Même si on augmente les budgets prévus au Plan pour une économie verte, on continue de dépenser l’argent de la même façon et dans les mêmes programmes», dit le directeur des relations gouvernementales d’Équiterre, Marc-André Viau.

Il faudra donc s’attendre aux mêmes résultats. Ça ne changera pas les habitudes suffisamment pour avoir l’impact requis sur nos émissions de GES.

Marc-André Viau

Une somme de 117,2 M$ est consacrée au Plan climat de la Ville de Montréal. La Fondation David Suzuki s’en réjouit, mais considère que des sommes auraient dû être consenties aux autres municipalités du Québec. «Le gouvernement aurait dû investir massivement en adaptation aux changements climatiques, et ce, en misant sur les infrastructures naturelles», indique la directrice générale de la Fondation au Québec, Sabaa Khan.

C’est une part de 2% du budget qui est allouée aux mesures environnementales et climatiques. Bien qu’il s’agisse d’une amélioration comparativement aux derniers budgets, la Fondation David Suzuki déplore que le gouvernement n’affiche pas la progression de ses programmes environnementaux.

Nous devons avoir accès au progrès de ces programmes et nous avons besoin de plus de transparence de la part du gouvernement.

Sabaa Khan, directrice générale de la Fondation David Suzuki au Québec

Les routes avant le transport en commun

Greenpeace dénonce pour sa part que le transport en commun soit moins financé que le transport routier. «Alors que le dernier rapport du GIEC sonne encore une fois l’alarme, le gouvernement ne propose rien qui permettrait d’infléchir significativement les émissions, ni de mettre le Québec sur la bonne voie pour qu’au minimum il atteigne sa cible de réduction des GES pour 2030», s’attriste le responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace, Patrick Bonin.

Le gouvernement continue de faire l’autruche face à la crise climatique et à l’ampleur de ses impacts, qui frappent déjà durement les communautés et les écosystèmes au Québec et partout dans le monde.

Patrick Bonin

L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) estime également que davantage d’investissements en transports en commun auraient aidé les citoyens à faire face à la montée des prix de l’essence. Ce nouvel échec en matière climatique rappelle l’importance de se doter d’un budget carbone pour mieux guider l’action du gouvernement dans le domaine de l’environnement.

Opportunisme électoral

Les trois partis d’opposition officiels à l’Assemblée nationale ont cité l’environnement comme l’une des plus grandes lacunes du budget déposé par le ministre des Finances, Eric Girard.

Le Parti libéral aurait souhaité que davantage d’actions soient mises de l’avant pour accélérer la transition énergétique. Selon le député Marc Tanguay, la CAQ n’en fait pas assez en matière d’hydrogène vert pour se différencier de l’Allemagne et de la France, qui tentent de développer cette industrie.

Le plan climatique du gouvernement Legault n’est pas à la hauteur, estime la porte-parole de Québec solidaire Manon Massé. «Il continue à investir dans les autoroutes. Je n’ai pas été impressionnée par ce budget-là», commente-t-elle.

«Malheureusement, le gouvernement est pris dans sa propre turpitude» en matière d’environnement, se désole le député Martin Ouellet du Parti québécois.

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