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Rapatriement de la Constitution, un coup d’État de Thatcher et Trudeau?

Rapatriement de la Constitution, un coup d’État de Thatcher et Trudeau?
Photo: The Associated Press

Histoire et actualité se rejoignent parfois. Alors que Margaret Thatcher est décédée lundi matin, l’historien Frédéric Bastien a lancé le même jour un ouvrage qui détaille le rôle-clé que celle-ci a joué en permettant à Pierre Trudeau de réaliser rien de moins qu’un coup d’État en rapatriant la Constitution en 1982.

«L’ex-premier ministre Trudeau a imposé la Constitution en violant les règles en place et a fait fi de la séparation entre pouvoirs juridique et législatif, c’est la définition d’un coup d’État!», a déclaré l’auteur du livre intitulé La bataille de Londres – dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel.

Sans la complicité de Margaret Thatcher, une telle manœuvre n’aurait jamais été possible, estime M. Bastien. En somme, celle connue sous le nom de la Dame de fer a soutenu M. Trudeau dans sa démarche pour rapatrier la Constitution et y ajouter une Charte des droits, idée à laquelle s’opposaient plusieurs provinces, dont le Québec.

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Dans son livre, le professeur d’histoire au Collège Dawson met aussi en lumière le rôle secret et complice joué par le juge en chef de la Cour suprême, Bora Laskin, un grand partisan de l’inclusion de la Charte des droits. Alors que le dossier controversé était devant les tribunaux, le magistrat en chef a enfreint l’éthique en informant des politiciens fédéraux et britanniques des divisions entre les juges.

M. Bastien a pu mettre la main sur ces informations en accédant à des documents jusque-là secrets, grâce à la collaboration du Foreign Office à Londres et grâce à des entrevues réalisées avec des acteurs de l’époque. Au Canada, le Conseil privé a refusé de lui donner toutes les informations demandées, tandis que les documents d’autres ministères sont caviardés à de nombreux endroits.