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Manières de voir

Enfin, il est arrivé, le nouveau parti de François Legault. Depuis le temps qu’on en parlait, depuis le temps que la frange des déçus de la politique québécoise voulait savoir où tracer son X à la prochaine élection, voilà, c’est fait, le train est finalement entré en gare. Reste à savoir qui va monter avec le chef dans le wagon de tête.

P our que la lune de miel puisse durer un peu plus que le temps des roses, ça va prendre à la CAQ bien davantage qu’un programme. Parce que des bonnes idées, tout le monde peut en avoir. Même Jean Charest en a déjà eu, c’est vous dire. Ça va aussi prendre une équipe forte, parce que Legault aura beau ouvrir la porte toute grande, s’il reste pris avec la poignée dans la main, on ne sera pas plus avancés… Des noms circulent; ceux de Gaétan Barrette et de Michael Fortier reviennent le plus souvent. C’est très bien, ça. Reste à savoir combien d’autres têtes d’affiche accepteront de sauter dans le bourbier dans lequel la province s’enfonce depuis déjà un long moment. Et puis, si le problème de l’équipe se règle, il restera quand même toujours un hic. Un immense obstacle qu’on pourrait qualifier de majeur au superlatif.

Legault pourra aligner la plus belle liste de candidats au monde, tout demeurera toujours une question de contexte. Ramenez l’équipe du tonnerre de Lesage de 1960 ou le cabinet de rêve de Lévesque de 1976 dans une situation aussi pénible que celle que nous traversons présentement, et je ne suis pas sûr du tout que ces formations, pourtant passées à la légende, pourraient accomplir autant de nos jours. En 1960 comme en 1976, il y avait sur la table une pile haute comme ça de défis emballants. En 2011, il est où, le challenge? Réparer des infrastructures qui s’effondrent, faire le ménage dans les contrats d’ingénierie, abaisser le niveau de cynisme ambiant, repartir les machines enrayées de l’éducation et de la santé? Wow, méchant party…

Ne serait-ce que pour cette raison, pour plusieurs gros noms, j’ai l’impression que ça sera un gros non. Et la lune de miel durera, encore une fois, le temps des roses…

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Vue et entendue : la Montréalaise Katie Moore, qui présentait les chansons de son sublime album Montebello samedi dernier à l’Outremont. Si les chansons étaient toujours aussi bonnes, faudra peut-être corriger certains irritants pour les prochains shows. Comme remplir avec de bons enchaînements les interminables séances d’accord de guitare entre c-h-a-q-u-e chanson. Et, de grâce, éviter de confier sa première partie à un ami du nom de Beaver-Machintruc-qui-renifle-dans-son-micro, nettement sous-qualifié pour la tâche. C’est bien beau la solidarité entre potes du Mile-End, mais il y a quand même des saprées limites…

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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