Françoise David veut que les Québécois votent par conviction au prochain scrutin
La coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, demandera aux Québécois de laisser tomber le vote stratégique ou le vote utile aux prochaines élections provinciales. Lors du congrès de son parti en fin de semaine prochaine, elle les enjoindra à faire leur devoir de citoyen par conviction et non par dépit.
«Laissons le vote utile et votons pour des gens en qui on a confiance, a-t-elle déclaré en entrevue à Métro. Peut-être que pour un certain nombre de personnes, il fallait qu’il y ait avec le PQ un ultime essai parce qu’il n’avait pas gouverné depuis neuf ans. On oublie un peu et l’histoire se répète. C’est encore la course vers l’équilibre budgétaire, de la même façon que Lucien Bouchard l’avait faite dans les années 1990 et avec les mêmes conséquences désastreuses.»
Mme David demandera aux Québécois de considérer le programme de Québec solidaire. Il détient selon elle un atout de taille : il n’a jamais reçu d’enveloppe brune et il n’a pas été mentionné dans le rapport du Directeur général des élections du Québec sur le financement sectoriel, contrairement au Parti libéral, au Parti québécois et à la Coalition avenir Québec (anciennement Action démocratique du Québec).
«J’ai jamais entendu personne remettre en question notre intégrité», a affirmé la coporte-parole de Québec solidaire. Elle sait toutefois que si elle veut convaincre la population de voter en faveur de son parti, elle doit prouver qu’il a les moyens de ses ambitions. Ce qui fait hésiter les gens, d’après Françoise David, c’est l’absence d’anciens ministres ou de hauts fonctionnaires d’expérience dans les rangs de Québec solidaire. Or, dans le premier gouvernement du Parti québécois, un seul membre de l’équipe avait de l’expérience dans l’appareil gouvernemental et c’était le premier ministre, René Lévesque, a rappelé Mme David.
«Ce n’est pas obligatoire d’avoir été ministre pour former un bon conseil des ministres quand on a des gens qui ont une bonne tête, qui sont articulés, qui ont acquis des compétences et qui savent bien s’entourer», a-t-elle insisté.
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Françoise David n’a pas de boule de cristal. Elle n’a aucune idée quand les prochaines élections seront déclenchées, mais son parti s’y prépare. Les séances d’investiture ont commencé et la plate-forme électorale sera peaufinée en fin de semaine lors du congrès de Québec solidaire. Il sera entre autres question de l’enseignement supérieur afin que 1000 professeurs soient embauchés et que du soutien technique soit accordé aux bibliothèques. Une proposition sera aussi présentée afin d’encourager le développement immobilier près des services de transport urbain et ainsi limiter l’étalement urbain.
«Le déclenchement des prochaines élections ne dépend pas de nous, mais quelque soit le moment, on sera prêt», a dit Mme David.
L’appel à l’unité des forces souverainistes fera aussi l’objet d’un débat au congrès de Québec solidaire. Celui-ci discute avec les autres partis, qui militent pour l’indépendance du Québec, mais aucun rapprochement n’est officialisé. Bien qu’elle se dit ouverte au dialogue, Françoise David doute que son parti puisse trouver de réelles affinités avec le Parti québécois qui, selon elle, emprunte présentement une direction néolibérale. «C’est la copie conforme des budgets d’austérité qu’on voit en Europe. Ils font tellement mal à la population», s’est-elle insurgée.
Pour ce qui est d’Option nationale, les affinités semblent être davantage présentes, mais pas question de fusion pour autant. Les deux partis apprennent à se connaître. Ils discutent. Des représentants d’Option nationale seront d’ailleurs présents au congrès de Québec solidaire.