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La sous-traitance heurte le secteur public, selon l’IRIS

L'Assemblée nationale du Québec
L'Assemblée nationale du Québec Photo: Getty Images

Avec des budgets défoncés, des délais dépassés, des pertes d’expertise et un manque de transparence, la sous-traitance fait mal au secteur public, a révélé une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), publiée mercredi.

En étudiant les contrats d’entretien ménager à la SAQ, cinq contrats informatiques du gouvernement du Québec et la question des ressources intermédiaires dans l’hébergement des personnes âgées, les auteurs ont noté dans l’ensemble des cas d’importants dépassements de coûts.

«Certains […] représentent des dépassements de 200% des coûts initiaux, a indiqué Simon Tremblay-Pepin, auteur de l’étude. Nous avons aussi constaté des retards qui s’étendent sur plusieurs années. Le pire dans cette histoire, c’est que les sous-traitants ne subissent aucune conséquence de ces dépassements de coûts ou de délais: ils y trouvent plutôt une source de revenus supplémentaires.»

Il a déploré qu’en sous-traitant les contrats informatiques, le gouvernement a perdu une expertise importante au point de devenir dépendant des firmes informatiques.

«L’État québécois souffre d’une lourde dépendance aux firmes externes, qui ne se contentent plus de réaliser les contrats, mais rédigent les appels d’offres et déterminent les besoins. En ce moment il n’est même pas certain qu’il ait à sa disposition les gens nécessaires pour simplement s’assurer que les sous-traitants font bien le travail», a ajouté M. Tremblay-Pepin.

L’IRIS devrait d’ailleurs publier prochainement une étude qui traitera du choix du gouvernement de favoriser des logiciels propriétaires payant aux dépens des logiciels libres gratuits.

Il est toutefois difficile de tracer un portrait clair de la situation parce que les entreprises privées ne sont pas soumises à la loi sur l’accès à l’information. Cette opacité n’est qu’une autre problématique qui devrait forcer le gouvernement à revoir sa politique vis-à-vis la sous-traitance, estime l’IRIS.

Quelques dépassements de coûts constatés par l’IRIS

Entretien ménager à la SAQ

  • Dépassement assuré, potentiellement de 25%

Planification stratégique des technologies de l’information (PSTI)

  • Avant 1998: +35 %
  • De 2001 à ce jour: +126%

Système intégré d’information et de justice (SIIJ)

  • Entre 2000 et 2003: +29%
  • Depuis 2007: pertes de 40 M$ à ce jour

Dossier Santé Québec (DSQ)

  • +184%

Projet de Gestion intégrée des ressources (GIReS)

  • +287%
  • Projet abandonné en 2003: pertes de 130 M$ (Le GIReS devait créer un seul superlogiciel pour remplacer plus d’un millier de logiciels utilisés dans 138 ministères et organismes québécois)

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