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Les cloches de l’église de Lac-Mégantic, une douce mélodie

Photo: Stéphanie Mac Farlane/TC Média

«J’ai eu assez peur pour l’église», a soutenu le Méganticois Bernardin Goulet, qui tient à l’église Sainte-Agnès, lieu de recueillements désigné par la municipalité. Après le déraillement de train qui a détruit une partie du centre-ville de Lac-Mégantic, il ne pensait plus la revoir et encore moins entendre sonner les cloches, choses qu’il a pu faire vendredi matin.

«J’avais assez peur pour l’église. On entrevoyait le clocher à travers la boule de feu. J’avais l’impression que tout brûlait», raconte l’homme qui demeure sur la rue Laval, à deux pas de la voie ferrée où s’est joué le drame.

«Je n’ai jamais entendu le train crier. Je me suis réveillé quand ça a sauté. Je suis sorti dès la première explosion», se remémore l’homme.

Le résident a tenté d’évacuer ses voisins, mais trois pompiers sont intervenus. «Ils m’ont dit de m’en aller, qu’ils allaient s’occuper d’eux», raconte-t-il.

«J’ai mis mes pantalons en descendant l’escalier. Ça me chauffait sur le bout du ventre», poursuit l’homme. Il est passé par l’arrière de son immeuble à logements pour emprunter la rue Cartier avant de remonter vers le haut de la ville pour observer le triste spectacle qui s’offrait à lui. «Je ne pensais jamais qu’on rentrerait ici. S’il avait fallu que le feu pogne au coin de la rue, tout aurait brûlé jusqu’à chez nous», croit M. Goulet qui demeure à environ 100 mètres de la rue Villeneuve, où débute la zone «rouge».

«Ça faisait une secousse que je n’avais pas entendu les cloches. On avait hâte d’entendre ça», ajoute Bernardin Goulet alors que la mélodie des cloches se fait entendre, en face de chez lui, quelques minutes avant que l’église ouvre ses portes.

Sinistré depuis la tragédie, M. Goulet a vécu six jours au centre d’hébergement d’urgence installé à la polyvalente Montignac avant de pouvoir réintégrer son appartement jeudi, à 16h00. «Ça fait du bien de dormir dans son lit. J’ai bien dormi!» Il confie cependant avoir «apprécié» son séjour là-bas, malgré les circonstances. «Je ne pensais jamais que le monde était humain de même. C’est une grosse expérience d’un point de vue humain», dit-il.

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