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Les diplomates en grève manifestent

OTTAWA – À la veille de l’audition de leur plainte devant la Commission des relations de travail, les diplomates et agents du service extérieur en grève ont manifesté à Ottawa mardi midi, pour rappeler que le conflit de travail n’est pas terminé.

Plus de 150 personnes se sont rassemblées, au centre-ville d’Ottawa, devant les bureaux du ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration, a indiqué le syndicat des agents du service extérieur.

Les 1350 membres du syndicat sont dans une position de grève légale depuis cinq mois et ont effectué des grèves tournantes à la fois à Ottawa et dans les ambassades à l’étranger. Ils diminuent notamment la cadence pour le traitement des demandes de visa.

Les agents veulent la parité salariale avec d’autres employés fédéraux qui font, selon eux, un travail équivalent mais qui sont payés beaucoup plus. «À salaire égal, travail égal», demandent-ils.

Ils se sont aussi livrés mardi à une campagne sur twitter, prenant soin d’indiquer chacune des tâches accomplies dans les divers bureaux à l’étranger. Provenant de Varsovie, de La Haye ou de Caracas, les petits messages visaient à indiquer à Tony Clement, le président du Conseil du Trésor, qui s’occupe des négociations avec le syndicat, que leur travail est réellement utile.

«Pour informer, familiariser le public canadien avec le grand nombre de tâches et de responsabilités que l’on tient à l’étranger et ici à Ottawa», précise le président du syndicat des agents du Service extérieur, Tim Edwards.

Le syndicat a déposé le mois dernier une plainte à la Commission des relations de travail dans la fonction publique car il accuse le gouvernement d’avoir négocié de mauvaise foi.

Il lui avait au préalable offert d’aller en arbitrage. Tony Clement avait accepté, mais avait imposé des conditions au processus: selon le syndicat, ces restrictions l’empêchaient de présenter toutes ses positions devant l’arbitre. En agissant de la sorte, le gouvernement n’a pas agi de bonne foi, croit le syndicat.

M. Edwards espère que la Commission des relations de travail imposera l’arbitrage exécutoire. Mais si la Commission juge que le gouvernement a été de bonne foi, elle pourrait néanmoins dire aux parties de retourner à la table des négociations, ou user de sa discrétion pour formuler d’autres ordonnances.

«Nous croyons avoir une très bonne cause», affirme M. Edwards.

Lundi, le Festival des films du monde de Montréal a fait part que des invités éprouvent de «graves difficultés» à obtenir un visa pour entrer au Canada, afin de participer à l’événement qui s’amorce ce jeudi.

Et à quelques jours de la rentrée scolaire, le Nouveau Parti démocratique (NPD) s’inquiétait de son côté mardi que les nombreux étudiants étrangers qui viennent étudier au pays éprouvent eux aussi des difficultés. Il demande au gouvernement de régler le conflit de travail sans tarder. Afin d’éviter la perte de milliards de dollars que les étudiants internationaux injectent dans l’économie canadienne, argumente le parti.

Mardi, M. Edwards se disait bien conscient de ces difficultés et a déclaré que ses membres «regrettent tous les impacts qui sont ressentis». Ils «n’ont aucune joie ni plaisir» à entendre parler de ces difficultés et de ces pertes économiques, ajoute-t-il.

«La responsabilité totale pour cette situation tombe maintenant au pieds du gouvernement», croit-il, soulignant que les grèves tournantes sont le dernier moyen de pression que les agents possèdent.

Personne au bureau du président du Conseil du Trésor n’a rappelé mardi.

Dans le passé, M. Clement avait toutefois soutenu avoir présenté au syndicat une offre «juste et raisonnable» pour les employés et pour les contribuables. Il jugeait de plus que les agents du Service extérieur ont des emplois uniques qui ne peuvent être comparés à d’autres.

Les agents sont sans convention collective depuis deux ans.

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