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Vivre en Ville veut que soit revu le financement des transports

Photo: Archives Métro

L’ensemble des contribuables québécois finance l’étalement urbain, selon l’organisme Vivre en Ville.

Pour poursuivre leur développement, les municipalités sont encouragées à miser sur le réseau routier supérieur, subventionné à 100% par le ministère des Transports, plutôt que sur le transport en commun, dont les coûts sont principalement assumés au niveau local. Il est ainsi avantageux pour les villes, les commerces et les promoteurs résidentiels de s’installer aux abords d’une autoroute qui ne leur coûte rien. «Le fort achalandage de ces zones crée des bouchons, si bien que les autoroutes doivent souvent être élargies par le MTQ, sans que la ville ni les centres commerciaux n’aient à débourser un sous», déplore Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville.

Dans son rapport intitulé «Deux poids, deux mesures», l’organisme sans but lucratif recommande au gouvernement du Québec d’instaurer un moratoire sur la construction de nouvelles routes le temps d’établir un système par lequel les investissements en transport seraient payés par ceux qui en profitent. Plusieurs moyens sont envisagés par l’organisme pour partager les coûts, tel que d’imposer aux commerces à proximité des autoroutes une surtaxe à l’utilisation du réseau routier ou de tarifer le passage des automobilistes sur les autoroutes.

Vivre en Ville voudrait également faire interdire le développement commercial et résidentiel aux abords du réseau routier supérieur. «Il faut mettre fin à l’hypocrisie du gouvernement, qui envoie deux messages contradictoires, a affirmé l’éditorialiste François Cardinal, présent à la table ronde organisée jeudi par Vivre en Ville. D’une part, il demande aux municipalités d’être responsables et de limiter leur étalement urbain. De l’autre, il leur fourni un environnement qui les incite à continuer dans la même direction.»

L’organisme demande aussi une augmentation substantielle du financement du transport collectif de la part du gouvernement. «Les municipalités font des choix moins écologiques parce que ça leur coûte moins cher, mais elles agiraient différemment si le financement des réseaux de transport était mieux équilibré», croit M. Savard.

L’attaché de presse du ministre des Transports, Yann Langlais-Plante, a souligné que la politique québécoise de mobilité durable, prévue pour janvier 2014, allait traiter entre autres du financement des transports collectifs. Il n’exclut pas que le rapport puisse être pris en compte dans l’élaboration de cette politique. «Le ministre Gaudreault a déjà annoncé sa volonté de créer un groupe de travail sur le financement en transport collectif», a ajouté M. Langlais-Plante.

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