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Ottawa refuserait d'agir pour un homme détenu au Soudan depuis 5 ans

Marie-Eve Shaffer, Métro

Le Montréalais Abousfian Abdelrazik serait retenu contre son gré au Soudan à la demande du Canada.

«Il n’y a aucune accusation portée contre M. Abdel­razik et notre
gouvernement refuse de le ramener», a indiqué aujourd’hui son avocat, Me Yavar
Hameed. Selon ce dernier, il n’existe aucune raison légale pour
expliquer la détention de son client.
Abousfian Abdelrazik, qui a été soupçonné d’appartenir au réseau
Al-Qaïda vers la fin des années 1990, a quitté le pays en 2003 pour
rendre visite à sa mère. Depuis, il a été incarcéré à deux reprises
dans la prison de Kober à Khartoum – réputée pour ses mauvais
traitements – pendant plusieurs mois. Pendant sa détention, le
Canado-soudanais a été interrogé par le Service canadien du
renseignement de sécurité.

«Il y a un pattern de sous-traitance pour tenter de soutirer de
l’information de Canadiens à l’étranger alors que les règles de droit
ne sont pas les mêmes qu’ici»,
a souligné le porte-parole de la Ligue des droits et libertés, Me Denis Barette.

Une demande d’injonction a récemment été déposée par Me Hameed à la
Cour fédérale pour forcer Ottawa à rapatrier M. Abdelrazik. Ce dernier
est incapable de revenir au Canada. Sa demande de renouvellement de
passeport a été refusée et son nom a été inscrit sur la liste des
Nations unies des personnes interdites de vol aérien.

La directrice générale de la section francophone d’Amnistie internationale Canada, Béatrice
Vaugrante, s’est dite inquiète du fait que l’histoire d’Abousfian
Abdel­razik rappelle les cas de Maher Arar ou de Abdullah Almalki.
«C’est un cas de trop qui ne respecte pas le droit international,
a-t-elle souligné. S’il y a des preuves de ses liens avec Al-Qaïda, que [M. Abdelrazik] soit jugé par le système criminel canadien.»

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