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05:00 1 octobre 2008 | mise à jour le: 1 octobre 2008 à 05:00 temps de lecture: 3 minutes

Deux batailles, une seule et même volonté de vaincre

Janette Bertrand et sa fille, Dominique Lajeunesse, ont connu une
année 2006 pour le moins difficile. Toutes deux diagnostiquées du
cancer du sein, elles ont dû affronter la peur, surmonter la colère et
accepter l’inadmissible : la maladie.

Deux ans plus tard, guéries du cancer et plus fortes que jamais,
Mmes Bertrand et Lajeunesse ont accepté, hier, de lever le voile sur
leur combat en devenant les porte-parole du Groupe de recherche sur le
cancer du sein (GRCS) du CHUM.

Un diagnostic brutal

Janette Bertrand et Dominique Lajeunesse étaient, depuis de
nombreuses années, un modèle en matière de dépistage du cancer du sein.
Les deux femmes subissaient chaque année une mammographie qui,
toujours, se soldait par un diagnostic négatif… jusqu’à l’hiver 2006.

«J’étais allée voir mon médecin de famille pour mon examen de
santé annuel, a raconté hier Janette Bertrand. Après m’avoir palpé les
seins, mon médecin m’a dit qu’elle sentait quelque chose de différent.
Mais j’avais bien sûr une explication : un nouveau soutien-gorge.»

Malgré son scepticisme, Mme Bertrand a suivi les conseils de son
médecin et s’est soumise à une mammographie, qui a confirmé les
craintes. «Je me suis dit : « Pas moi, c’est pas possible », a raconté,
la gorge serrée, l’auteure et animatrice. Je suis rentrée chez moi et
comme j’ai toujours été bonne dans les scénarios, je me suis fait des
scénarios de mort. Je me suis toujours demandé comment je mourrais et
là, je me disais : « C’est ça! » Mais je trouvais que 80 ans, c’était
bien jeune pour mourir.»

Une double douleur

Quelques jours avant de se faire retirer la tumeur qui, en deux
mois, a chambardé sa vie, Janette Bertrand informe sa fille du mal qui
la ronge.

«Je suis tombée par terre», s’est rappelé Mme Lajeunesse. Mais
la dame, aujourd’hui âgée de 58 ans, n’était pas au bout de ses peines.
Quelques jours plus tard, elle a, à son tour, reçu un diagnostic de
cancer du sein.

«Moi, je ne suis pas comme maman, je ne pleure pas aussi
facilement, a-t-elle expliqué. En rentrant chez moi, j’ai donné un coup
de poing dans ma bibliothèque! Puis, je me suis mise à tourner en rond
dans ma maison comme un lion en cage en me disant que c’était la fin.»

Le long chemin de la guérison

Bien décidées à ne pas perdre la plus importante bataille de
leur vie, Janette Bertrand et Dominique Lajeunesse ont passé la majeure
partie des deux dernières années à lutter contre la maladie.

«Ça a été deux années difficiles à vivre, a souligné Mme
Lajeunesse. C’est infernal ce qui se passe dans nos têtes si on est
moindrement émotif.»

«Mais maintenant, après deux ans, on est en pleine forme», a ajouté Mme Bertrand. Impressionnées par les soins qu’elles ont reçus à l’Hôtel-Dieu, les
deux survivantes ont décidé de partager leur expérience afin
d’encourager les femmes à subir régulièrement une mammographie.

«Ça n’a aucun sens que le cancer du sein soit le premier tueur
chez les femmes, mais que seulement 30 % d’entre elles passent une
mammographie régulièrement, a déploré Janette Bertrand. C’est aberrant!»

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