Augmenter le coût de l'électricité pour diminuer les GES
La parole à … Jean-Thomas Bernard, professeur d’économie à l’Université Laval et auteur de l’étude Un avenir vert au Québec : réduire les émissions de gaz à effet de serre au moindre coût.
Vous suggérez d’augmenter de façon importante le prix de l’électricité au Québec afin de réduire les émissions de GES. Quelle hausse envisagez-vous?
Il faut d’abord prendre en compte le prix de l’électricité à l’exportation. L’objectif est de faire en sorte que les gens consomment moins ici, ce qui dégagerait de l’électricité pour la vendre à l’extérieur de la province réduisant ainsi l’utilisation de charbon ou de gaz naturel. Puisque le prix chez nos voisins est de 0,08 $ à 0,09 $ par kilowattheure (kWh), il faudrait que nous payions de 0,05 $ à 0,06 $ de plus par kWh, ce qui est beaucoup.
Croyez-vous que les Québécois sont prêts pour de telles hausses?
Il faudrait y aller graduellement. En augmentant les prix de 0,01 $ par année, en cinq ans, on y serait. Il importe de toute façon d’envoyer un signal aux Québécois que la nouvelle électricité ne coûte pas 0,03 $ le kWh, mais plutôt 0,10 $.
Quels objectifs pourraient être atteints avec une telle hausse?
L’objectif, d’ici 2020, est de réduire de 20 % les émissions de GES au Québec et de 80 % d’ici 2050. Ce sont des objectifs très ambitieux que le Québec ne pourra atteindre qu’en consommant moins d’électricité parce que notre électricité est déjà verte.
Croyez-vous que le gouvernement du Québec en fait assez pour l’environnement?
Je pense qu’il en fait pas mal. Le gouvernement a supporté le développement de l’éolien, il a introduit une redevance sur le carbone et il a demandé à Hydro-Québec et à Gaz Métro d’instaurer un programme d’efficacité énergétique. On ne peut pas dire que le gouvernement s’est traîné les pieds.