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Tarification et privatisation des services publics: Une coalition promet d'avoir le gouvernement à l'Å“il

Une trentaine d’organisations communautai­res, étudiantes, syndicales, féministes et écologistes promettent une année chaude au gouvernement Charest si ce dernier ne met pas un frein à ses ambitions de tarifer et de privatiser des services publics.

La Coalition, qui regroupe notamment la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Option consommateur, le Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ) et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), s’est inscrite en faux contre ce qu’elle qualifie de menace pour l’équilibre social du Québec. «Nous nous opposons au principe d’utilisateur-payeur, a expliqué hier Marie-Ève Rancourt, porte-parole du MÉPACQ. Jean Charest veut se servir de la crise économique comme prétexte pour poursuivre ses objectifs de déréglementation. Nous voulons susciter un vaste débat sur ce que nous voulons vraiment pour le Québec.»

Épargner les services
François Saillant, coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), a estimé que le gouvernement pouvait facilement renflouer ses coffres sans augmenter le prix de l’électricité, des garderies, du transport collectif et de l’éducation. M. Saillant a notamment proposé d’ajouter un palier d’imposition qui affecterait uniquement les citoyens qui disposent de revenus très élevés. «Dans les années 1980, les plus riches payaient 33 % d’impôts provinciaux, a-t-il rappelé. Maintenant, ils ne paient que 24 %.»

Le coordonnateur du FRAPRU a également suggéré d’abolir les déductions fiscales «qui ne profitent qu’aux mieux nantis», en commençant par le plafond de contribution aux REÉR, qui se situe à 21 000 $.

Actions à venir

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics n’entend pas se contenter de faire des recommandations au gouvernement et de susciter des débats. Déjà, quelques actions sont prévues afin de rappeler à Jean Charest la grogne qui règne. Une vaste campagne d’information sera ainsi rapidement mise sur pied. «Nous voulons ébranler ce qui semble inévitable et faire entendre les alternatives qui pourraient servir les intérêts de la majorité», a indiqué Christian Pépin, porte-parole de l’Association pour une solidarité syndicale étudiant (ASSÉ).

Une «campagne de fax» visant le ministère des Finances sera également mise en oeuvre. Enfin, la Coalition prévoit organiser un comité d’accueil qui se rendra, mercredi et jeudi, au Forum économique et financier organisé par le gouvernement.

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