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Ombudsman recherché

Le mandat de l’ombudsman des anciens combattants, dont le poste a été créé en 2007 par le gouvernement conservateur, ne sera pas renouvelé. Ce mandat de trois ans, renouvelable,  devait en principe n’être révocable que pour des raisons valables.

Il est difficile de justifier une telle décision alors que les militaires canadiens sont toujours en mission en Afghanistan. Sans trop creuser, on comprend que la trop grande détermination du colonel à la retraite à défendre le sort des soldats qui reviennent au pays lui a coûté son poste. Bref, il dérangeait royalement le gouvernement.

Un ombudsman est ni plus ni moins qu’un protecteur du citoyen qui a pour mandat de recommander à l’organisation qui l’emploie des avenues pour améliorer les services. Pour bien faire son travail, l’ombudsman doit jouir d’une grande autonomie, lui permettant d’agir librement. C’est du moins ce qu’on avait cru comprendre quand Stephen Harper a créé le poste.

Avant de partir, le colonel Strogran ne sera pas resté muet. Bien au contraire, il a pleinement assumé son rôle en dénonçant haut et fort les failles du système. Le visage des anciens combattants a changé au cours des dernières années. L’engagement en Afghanistan en a gonflé le nombre et en a rajeuni le visage. Il a aussi multiplié les besoins, tant sur le plan physique que psychologique.

Au niveau politique,  cette décision montre une faille importante chez les  conservateurs. Il ne suffit pas de prendre un engagement et de le respecter, il faut aussi vivre avec les conséquences de son application. Le rôle d’ombudsman des anciens combattants est en effet devenu réalité dans la foulée de la campagne électorale de 2006. Il est noble de réaliser ses engagements électoraux. Cependant, on ne fait pas des réformes pour des raisons cosmétiques. Si on promet un ombudsman, c’est qu’on s’attend à ce qu’il s’acquitte de ses tâches. La fonction même n’a pas de sens autrement.

Imaginez maintenant : qui aura envie de reprendre le collier? L’offre d’emploi devra être précise. Poste prestigieux, sans droit de parole : le gouvernement recherche un ombudsman pour le représenter auprès des anciens combattants. Les personnes désireuses de postuler devront s’assurer de ne pas critiquer les processus en place ou le gouvernement! Ainsi, ça aura le mérite d’être clair.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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