Pas cher la tonne!
J’espère que, tout comme moi, vous avez pas-sé de belles vacances! Les vacances sont des périodes où on aime s’affranchir des contraintes de la vie quotidienne, du travail, et peut-être surtout… de notre rapport aux distances. Dans nos sociétés, la mobilité est presque devenue un droit: on veut, à juste titre, réduire les distances, connaître de nouveaux horizons, explorer de nouveaux espaces. Tout cela fait de nous des êtres humains plus complets et plus épanouis.
Malheureusement, dans une société basée sur le pétrole comme la nôtre, cela a un coût environnemental. Par exemple, un voyage Montréal-Paris aller-retour engendre des émissions de CO2 d’au moins 1,2 tonne par passager. Globalement, les émissions de l’aviation civile internationale représentent de 2 à 3 % des émissions totales d’origine humaine; elles sont en augmentation rapide.
Deux à trois pour cent des émissions totales, ça peut paraître négligeable. Pourtant, si on regarde la chose sous un autre angle, ce n’est pas si banal. Avec des émissions annuelles de quelque 12 tonnes, le Québécois moyen émet moins que son collègue canadien, mais beaucoup, beaucoup plus que le paysan éthiopien, par exemple. En fait, 200 fois plus que ce dernier. Si on ajoute à cela notre vol Montréal-Paris, le ratio passe à 220!
Malheureusement, c’est notre paysan éthiopien qui subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique; dans son cas, c’est son existence même qui est menacée par l’assèchement du climat et la désertification.
Je ne dis pas cela pour culpabiliser qui que ce soit. La culpabilité n’est jamais bonne conseillère. Toutefois, on peut décider d’adopter une attitude de responsabilité et de prendre parti pour la justice environnementale.
En tant qu’individu, en tant que famille, on peut très bien décider d’établir un budget carbone avec des objectifs de réduction de ses émissions. Et si on décide quand même de s’offrir un voyage en avion, on peut acheter des compensations de carbone: moyennant une somme modeste, des entreprises ou des institutions planteront des arbres ou investiront dans les énergies renouvelables pour éponger vos émissions de CO2. C’est le cas, entre autres, de l’Université du Québec à Chicoutimi avec son programme Carbone Boréal, mais également
de l’entreprise québécoise Planétair.