Difficile d'être en forme quand on a des enfants
Les conclusions d’une étude portant sur l’impact du réseau social d’un patient cardiaque sur sa pratique d’activités physiques, réalisée au cours des deux dernières années par l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM), ont surpris les chercheurs et contredit d’autres études. Des recherches précédentes, menées auprès de la population générale, avaient permis de déterminer que les réseaux sociaux (famille, amis, conjoints) avaient un impact positif sur la pratique d’activités physiques.
L’étude menée par les Drs Simon Bacon et Kim Lavoie est venue mettre un bémol à ces conclusions en démontrant que les patients atteints de troubles cardiaques bougent beaucoup moins s’ils vivent avec des enfants. «Notre hypothèse, c’est que les gens qui habitent avec des enfants ont tendance à penser à eux en dernier. Ils se négligent, a noté la Dre Kim Lavoie, codirectrice de l’étude. Si quelqu’un a trop de responsabilités, il se peut que son activité physique en souffre.»
Les chercheurs entendent effectuer un suivi de cinq ans auprès des 750 patients qui ont pris part à l’étude. Ils espèrent que leurs travaux leur permettront de comprendre la mécanique qui empêche les personnes cardiaques qui vivent avec des enfants de faire davantage d’exercice. «Les patients qui ont participé à l’étude ont en moyenne 53 ans et ne sont ni très malades ni hospitalisés, a précisé la Dre Lavoie. Nous voulons voir ce qui se passe dans les familles.» Les chercheurs de l’ICM ont l’intention d’inciter les médecins à axer davantage leurs interventions sur les familles, et non plus seulement sur les patients.
Pas d’amélioration
Les chercheurs Simon Bacon et Kim Lavoie ont indiqué qu’un premier suivi d’un an n’avait pas permis de constater une amélioration du niveau d’activité physique atteint par les patients cardiaques qui vivent avec des enfants. «Le niveau d’activité physique a diminué chez tous les groupes étudiés, mais la situation du groupe avec enfants s’est encore plus détériorée», a indiqué la Dre Kim Lavoie. Les médecins se consolent en se disant qu’il est heureusement possible de changer les comportements.