G20: Le Canada devra répondre de ses actes
La répression des opposants au G20 sera au coeur d’une audience de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), le 25 octobre. «Le comportement des forces de l’ordre a été très grave et va bien plus loin que la simple répression, car il a un impact sur le droit d’expression des Canadiens au sens large», a déclaré jeudi, en conférence de presse Bernard Duhaime, directeur de la Clique internationale de défense des droits humains de l’UQAM (CIDDHU) qui fera la présentation à Washington, le 25 octobre.
La CIDDHU sera assistée de la Ligue des droits et libertés qui rappellera que le Canada a déjà été épinglé par le comité des droits de l’homme de l’ONU en 2006 pour sa pratique d’arrestations préventives qui ne sont pas basées sur des crimes effectivement commis. Si près de 1 100 manifestants ont été arrêtés, à peine une trentaine d’entre eux auraient réellement commis des actes répréhensibles.
La centaine de manifestants québécois qui sont toujours sous le coup d’accusations sont convoqués à Toronto pour une deuxième comparution jeudi prochain. Ils demandent notamment qu’une enquête publique indépendante soit ordonnée. Certains qui n’ont pourtant commis aucun acte répréhensible (sauf celui de manifester) ont perdu leur emploi ou n’ont pas pu obtenir de visa pour aller travailler à l’étranger, déplore une représentante du regroupement des arrêtés du G20.
Deux recours collectifs totalisant 160 M$ ont actuellement été déposés. Même si les recommandations de la CIDH ne sont pas contraignantes, elles envoient un message clair au Canada, pensent les défenseurs des droits de l’homme.
Les faits reprochés
- Arrestations massives arbitraires
- Fouilles abusives, conditions de détention anormales
- Détenus pas informés de leurs droits
- Sexisme, racisme et propos haineux
- Difficultés à se faire servir en Français