Soutenez

Un discours ne fait pas le printemps

Le premier ministre du Québec a abattu cette semaine une carte majeure dans l’espoir de relancer son gouvernement. Son discours inaugural n’effacera pas par magie huit ans de pouvoir. Comme une hirondelle ne fait pas le printemps, le premier ministre aura besoin de beaucoup plus qu’un discours pour changer le climat.

En positionnant son allocution dans un contexte international, en invitant «les Québécois à penser, à imaginer, à rêver et à construire le Québec dans un monde où s’additionnent de nouveaux espaces et se créent de nouvelles dimensions», Jean Charest a tenté d’aller ailleurs. Il a voulu se placer en leader inspirant.

Paradoxalement, le contexte financier du Québec et le manque d’audace l’auront amené à présenter une série de mesures, certaines plus intéressantes que d’autres, mais toutes relativement simples ou recyclées. Un ordinateur portable pour les professeurs, des uniformes pour les équipes sportives des écoles publiques, une mesure incitative pour le travail après 65 ans, nombre de petites choses qui, prises individuellement, sont loin de faire du Québec un lieu «parmi ce que l’humanité a de mieux à offrir».

Pour les éléments plus porteurs, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Le Plan Nord, la politique sur les redevances ou l’encadrement de l’exploitation des ressources naturelles sont attendus depuis un bon moment. Cependant, avec un taux d’insatisfaction de près de 80 %, c’est le fossé de la crédibilité que Jean Charest devra combler. Du plan à la réalité, ce sont les résultats qui feront la différence dans l’opinion publique comme dans les livres d’histoire.

Le facteur temps deviendra donc pour lui un élément non négligeable. Qu’il décide de partir ou de rester, les deux prochaines années seront vite passées. Pour faire sa marque et changer des perceptions qui semblent de plus en plus ancrées, le chemin sera ardu.

Entre-temps, on ne pourra blâmer M. Charest d’avoir tenté de laisser entrer un peu d’air frais dans son gouvernement. Malheureusement pour lui, la marmotte n’aura pas vu son ombre après son allocution. Le printemps risque donc d’être encore loin pour lui, qui aimerait bien voir l’électorat se réchauffer un peu à ses idées.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.