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Davantage de maisons de naissance demandées

La Coalition pour la pratique sage-femme a remis mardi une pétition de 13 000 signatures pour réclamer davantage de maisons de naissance au Québec. Elle veut, en fait, que le gouvernement respecte son engagement de construire 13 nouvelles maisons de naissance d’ici 2018. Métro fait le point avec la présidente du Regroupement Les Sages-femmes du Québec, Claudia Faille.

Y a-t-il des projets de maisons de naissance qui sont sur le point d’être concrétisés?
En Montérégie, il y a eu, cet automne, une annonce de financement pour le fonctionnement d’un service de sages-femmes, mais il n’y a pas eu d’annonce concernant l’emplacement de la maison de naissance. C’est le projet qui est le plus avancé. Il y a des projets de maisons de naissance à la grandeur du Québec, mais ils sont bloqués à cause du mode de financement.

Quel est le problème concernant le mode de financement des maisons de naissance?
Les maisons de naissance sont financées à parts égales par les agences de la santé et des services sociaux et le ministère de la Santé. Mais les agences n’ont pas d’argent. Si elles décident d’investir de l’argent dans un service de sage-femme, elles doivent couper ailleurs dans leur budget.

La coalition a rencontré le ministre de la Santé Yves Bolduc le 14 janvier dernier. Quel a été sa réponse à vos demandes?
Il est d’accord avec le développement de la pratique de sage-femme. Il dit qu’il veut encourager le développement des maisons de naissance, mais il ne passe pas de la parole aux actes.

Quelles sont les conséquences du fait qu’aucun projet de maisons de naissance n’est présentement en cours de réalisation?
C’est une perte pour notre société. Près de 60% des grossesses sont suivies par des médecins spécialistes. Cela représente un coût énorme pour les contribuables. Aussi, on est dans un contexte de pénurie en obstétrique. Il y a vingt étudiantes qui graduent ce printemps [de l’Université du Québec à Trois-Rivières] et elles seront au chômage. Il y a aussi plusieurs sages-femmes qui travaillent à temps partiel parce qu’il n’y a pas de poste à temps plein et qu’il n’y a pas de budget.

A-t-on une idée de l’ampleur de la demande pour des maisons de naissance au Québec?
À Montréal, environ 80% des demandes pour un suivi de grossesse par une sage-femmes sont refusées. Cela représente la partie de la population qui ose faire la demande. Il y a énormément de femmes qui ne font pas la demande parce qu’elles savent qu’elles ne seront pas acceptées.

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