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Un comité demande un système de suivi pour les sables bitumineux

L’industrie des sables bitumineux doit faire l’objet d’une surveillance accrue, a conclu aujourd’hui un comité d’experts présidé par l’ancienne directrice générale du Programme des Nations unies pour l’environnement, Elizabeth Dowdeswell.

Mandaté, il y a deux mois, pour déterminer si le Canada comptait sur un réseau de surveillance de pointe pour les sables bitumineux, les six experts ont répondu par la négative. Ils ont toutefois affirmé que «les activités actuelles pourraient être à la base d’un système qui serait en mesure de fournir des données crédibles pouvant orienter les décisions».

Le comité a relevé que de nombreuses études avaient été réalisées au cours des dernières années sur les impacts environnementaux de l’exploitation des sables bitumineux. Il a cependant noté qu’il existe «peu d’uniformité ou de coordination entre [les différents programmes de surveillance existants] en ce qui a trait aux protocoles d’assurance et de contrôle de la qualité, à la taille des échantillons, et aux types et à l’horaire d’échantillonnage des paramètres environnementaux».

Ainsi, l’importante quantité de données recueillies aide peu les décideurs à prendre des décisions éclairées.

«Nous avons besoin d’une vision partagée et d’un cadre de gestion collaboratif», a indiqué Elizabeth Dowdeswell, qui a recommandé la mise sur pied d’un organisme national financé par l’industrie des sables bitumineux, selon le principe de pollueur-payeur.

Mme Dowdeswell a aussi rappelé l’importance de l’approche scientifique, un aspect qui ferait défaut à Environnement Canada, selon elle.

«En général, de nombreux facteurs influencent les décisions et les politiques, mais, en ce qui concerne l’environnement, l’aspect scientifique est crucial, souligne le comité d’experts. Une culture scientifique permettra de veiller à l’intégrité du système [de suivi]. Un système respecté par les scientifiques apporterait des preuves de l’usage d’indicateurs rigoureux et une méthodologie uniformisée.»

Le ministre de l’Environnement, John Baird, s’est montré ouvert aux recommandations du comité d’experts. Il a indiqué s’être entendu avec le gouvernement de l’Alberta pour mettre en place, d’ici 90 jours, un système de surveillance de la qualité de l’eau.

«C’est notre devoir de mettre en place un système de surveillance de classe mondiale, a-t-il déclaré. Nous pouvons et nous allons trouver un équilibre entre prospérité et environnement.»
M. Baird n’a toutefois pas indiqué s’il entendait demander à l’industrie des sables bitumineux de participer au financement de l’organisme de surveillance.

Questionné sur les raisons de l’absence d’un système de suivi canadien alors que l’exploitation des sables bitumineux albertains ne cesse de prendre de l’ampleur, John Baird s’est contenté de répondre que «le rapport du comité d’experts va nous inciter à en faire plus».

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