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Financement des universités: l'approche du chacun pour soi doit cesser

L’approche du chacun pour soi dans le débat entourant le financement des universités doit cesser. Le Québec a urgemment besoin d’un nouveau pacte en matière d’éducation universitaire.

Après que tous les acteurs se soient exprimés cette semaine, il est clair qu’il faut redéfinir la contribution et l’engagement de chacun,  et faire sauter les murs des chapelles qui séparent tous les groupes.

La part du financement provenant des étudiants est passée de 26 % à 13 % au cours des 30 dernières années. Le gel ne peut plus durer. Malgré ses frais plus bas, le Québec ne parvient toujours pas à atteindre un taux de diplomation comparable à la moyenne canadienne. Toutefois, si les frais de scolarité augmentent, ce n’est pas à n’importe quelles conditions et n’importe comment.

Les hausses drastiques à la suite du dégel des années 1990 ne doivent pas se répéter. Toute majoration doit être encadrée. Du coup, il importe de poursuivre l’indexation afin d’éviter les rattrapages. En contrepartie, les étudiants doivent être en mesure d’obtenir un suivi nécessaire à leur réussite et un cadre d’apprentissage et de recherche stimulant.

Les universités doivent ainsi s’engager à investir dans l’accompagnement aux étudiants et dans la qualité de l’enseignement et de la recherche. Il faut aussi une gestion transparente et une accessibilité assurée par un programme de prêts et bourses performant.

La philanthropie peut bien représenter une piste de solution pour boucler la boucle, mais dans le contexte québécois, elle ne peut cependant pas être la seule réponse. La contribution des entreprises doit aussi se traduire par des projets de recherche appliquée, mais une part de ces investissements doit être dévolue à la recherche fondamentale.

Les universités sont la fondation même de la vivacité d’une société. La force du réseau universitaire québécois permettra au Québec de tirer son épingle du jeu dans une économie qui commande de plus en plus l’innovation. Dans le monde d’aujourd’hui, une société qui veut réussir doit plus que jamais miser sur le savoir et le savoir-faire.

Le chacun pour soi ne peut plus durer. Tous doivent mettre de l’eau dans leur vin afin de créer un nouveau pacte qui redéfinira les liens entre tous les acteurs clés. Un nouveau partage des responsabilités entre l’État, les étudiants, les universités et les entreprises doit dès maintenant jeter les bases du Québec de demain.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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