Unies par-delà l'océan contre les gaz de schiste
Le Parti québécois (PQ) a lancé lundi un projet de jumelage entre des municipalités québécoises et des communes françaises, dans le but de lutter contre l’exploitation des gaz de schiste.
En collaboration avec le député français au Parlement européen José Bové, les députées péquistes Martine Ouellet et Louise Beaudoin ont annoncé qu’elles mettront prochainement en relation des maires français et québécois. La problématique sur les gaz de schiste est, selon eux, la même dans les deux pays. «Nous partageons les inquiétudes sur les permis d’exploitation, l’absence de consultation populaire et un code minier désuet, a soutenu Martine Ouellet, députée de Vachon, en Montérégie. Ces jumelages permettront d’échanger des informations et de comparer les moyens de mobilisation.»
Aucun accord n’est effectif pour l’instant. La députée de Rosemont, Louise Beaudoin, a précisé qu’elle fera appel aux députés de Montérégie et du Centre-du-Québec pour inciter les communes à se manifester. En France, José Bové affirme avoir déjà eu l’aval de certaines communes du sud-ouest du pays. «On veut symboliser ces jumelages par des rencontres entre les élus, a ajouté l’actuel vice-président de la commission Agriculture et développement rural au Parlement européen. Il faut nous unir pour lutter contre les industries gazières et les gouvernements qui attribuent des permis d’exploration sans informer la population.»
Les résultats attendus ne sont toutefois pas les mêmes des deux bords de l’Atlantique. Alors que l’eurodéputé réclame une interdiction totale et définitive de l’exploitation des gaz de schiste en France, le PQ nuance ses propos. «On n’est pas totalement contre ce type d’exploitation, explique Martine Ouellet. On souhaite juste que ça se fasse correctement. Ça passe par un retour économique directement à la collectivité, et non aux entreprises qui exploitent nos terres.»
Pas d’urgence
Même si le Parti québécois n’est pas contre l’exploitation des gaz de schiste, la députée Louise Beaudoin précise que rien ne presse. «Avec le prix du gaz très bas, le retour économique ne sera pas assez important. Ce n’est pas le moment de lancer l’exploitation», a-t-elle affirmé lundi.