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Cigares aromatisés: Québec appelé à la rescousse

Un an après l’entrée en vigueur de l’interdiction de vendre des cigarillos aromatisés, des produits en tous points semblables garnissent toujours les comptoirs des dépanneurs. Les compagnies de tabac n’ont pas tardé à trouver des failles dans la législation, qui est un échec, conclut la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac (CQCT).

La loi C-32, adoptée par le gouvernement fédéral, prévoit que les cigarillos de moins de 1,4 gramme ne peuvent plus être aromatisés ni vendus en paquets de moins de 20 unités. Puisque la loi ne touche pas les cigares de plus de 1,4 gramme, les fabricants de produits de tabac ont rapidement flairé la bonne affaire et ont mis sur le marché des cigares pesant à peine plus du poids minimum requis.

«Le gouvernement a sous-estimé la capacité d’innovation de l’industrie, a déploré la porte-parole de la CQCT, Flory Doucas. Ç’a été une grave erreur, d’autant plus que c’était prévisible.»

La CQCT avait demandé au gouvernement de Stephen Harper d’interdire l’ajout d’arômes dans tous les produits du tabac et d’imposer un moratoire sur les nouveaux produits. Cette suggestion n’a pas été retenue.

«Stephen Harper avait demandé aux compagnies de tabac de respecter l’esprit de la loi C-32 et avait affirmé que les autorités n’allaient pas tolérer d’infractions, a rappelé Mme Doucas. Douze mois plus tard, les produits interdits sont toujours sur les tablettes. Rien n’a été fait.»

Une étude maison, réalisée en avril par la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, a révélé que près de la moitié (48,7%) d’un échantillon de 400 nouveaux cigares aromatisés achetés dans la région métropolitaine pesait moins de 1,4 gramme et contrevenait à la loi C-32.

Devant l’inaction du gouvernement fédéral, la CQCT a appelé le gouvernement québécois à prendre le relais et à interdire toutes les saveurs dans tous les produits du tabac vendus dans la Belle province.

Natacha Joncas-Boudreau, l’attachée de presse du ministre de la Santé, Yves Bolduc, a indiqué lundi qu’aucune décision n’avait encore été prise à ce sujet.

«Le gouvernement du Québec légifère sur la lutte au tabagisme, a expliqué Mme Joncas-Boudreau. Nous poursuivons notre réflexion sur la meilleure façon d’atteindre notre objectif d’un avenir sans tabac.»

Santé Canada n’avait pas répondu aux questions de Métro en début d’après-midi.

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