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PQ: C'est ici que je débarque

La crise au Parti québécois nous interpelle. On se questionne sur ce qui pousse les gens à quitter tout à coup leur formation politique. Le doyen des députés à l’Assemblée nationale, François Gendron, a cette semaine utilisé une allégorie alimentaire en comparant le projet de souveraineté à une soupe qui serait trop salée pour les uns ou trop poivrée pour d’autres.

D’autres images s’appliquent au cas du PQ. Poussons plus loin celle «d’avoir les deux mains sur le volant», expression consacrée par Jean Charest. Qu’est ce qui fait qu’une journée on a envie de détacher sa ceinture et descendre du véhicule politique dans lequel on s’investit depuis longtemps?

Il faut dire que la politique, c’est plus un autobus qu’une voiture sport. Il faut être prêt à partir en voyage organisé lorsqu’on met son visage sur un poteau. Il faut adhérer à la destination, ne pas regimber sur l’itinéraire choisi. Le chauffeur a beaucoup de pouvoirs. Dans notre système politique, c’est lui qui, entre les rencontres des instances, décide. D’ailleurs, une vaste majorité des électeurs d’aujourd’hui choisissent d’abord un chef.

On le sait, l’utilisation des transports en commun demande qu’on fasse preuve d’un certain oubli de soi. Il faut parfois mettre de côté son confort personnel pour le bien collectif. Toutefois, les démissions récentes au PQ démontrent qu’il arrive un moment où le trajet devient insupportable.

Depuis le 2 mai, tout a changé. Avec l’arrivée massive de députés élus pour la première fois, la dernière élection fédérale a démontré qu’il était possible d’avoir un autobus scolaire dans lequel des nouveaux venus à l’école de la politique prennent place. Au même moment, des véhicules reconnus sont tombés en panne sèche. Preuve que tout est possible dans un climat de changement.

Cette nouvelle réalité en a inspiré certains à descendre et à emprunter leur propre chemin. C’est comme si tous les prétextes pouvaient être bons. Pour les uns, il fait trop chaud. Pour d’autres, il fait trop froid. Pour le reste, on demeure à bord tout en regardant plus attentivement le travail du conducteur. Du moins jusqu’au prochain arrêt.

 

 

Chose certaine, avec la prolifération de députés indépendants a l’Assemblée nationale et les différents projets de nouveaux partis politiques, il risque d’y avoir des bouchons de circulation dans l’opinion publique. Bientôt, les Québécois auront besoin d’un GPS pour s’y retrouver.

par Santiago Bertolino

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