Malaise et vents changeants au PQ
Cela devait être un bon coup pour le Parti québécois. Après l’investissement de 200 M$ du gouvernement dans la construction de l’amphithéâtre, le PQ pouvait reprendre l’initiative dans la région de la capitale. Il suffisait de marrainer un projet de loi privé pour entériner l’entente pour la gestion du futur amphithéâtre de Québec…
Voilà une occasion de goûter à la magie qui opère autour du maire Labaume et de récolter un peu de ses appuis. Après tout, bien peu d’élus peuvent se vanter d’avoir 80 % de satisfaction.
Quand on connaît la suite des événements, on sait qu’il en aura été tout autrement. Si l’initiative de la députée Agnès Maltais traduisait la volonté populaire à Québec – 65 % des résidants de la ville était en faveur –, elle ne tenait pas compte de certains principes et valeurs. Atteint de la fébrilité contagieuse du maire de Québec, le caucus n’aura pas été saisi du projet… La ligne de parti aura été imposée.
Par principe, et aussi par ras-le-bol, Pierre Curzi, Louise Beaudoin, Lisette Lapointe et finalement Jean-Martin
Aussant en auront profité pour partir. Le besoin de faire de la politique autrement, avec leur engagement souverainiste en tête, aura été plus fort que la solidarité avec le véhicule et la famille politique. La volonté de faire autrement, non seulement en parole, mais aussi en acte, aura eu raison de leur engagement au PQ.
Leur départ est une sérieuse mise en garde pour Pauline Marois. C’est un coup de tonnerre qui arrive à peine quelques semaines après que la chef eut apprivoisé la bête. Le 17 avril, 93,08 % des membres lui accordaient leur confiance. C’est aussi une mise en garde pour tous
les acteurs politiques et tous les partis. L’humeur est changeante et rien n’est immuable. Dans la population comme parmi les élus, le statu quo n’est plus acceptable.
Comme ce fut le cas au vu des résultats des dernières élections fédérales, ces départs seront peut-être à l’origine d’une réflexion plus large sur la politique au Québec. On aurait d’ailleurs tort de croire que le malaise concerne seulement le leadership de Mme Marois. Une chose est certaine, ces vents changeants pousseront plusieurs élus, médias, citoyens à y réfléchir pendant l’été.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.