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La souveraineté, une affaire citoyenne

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

«C’est une période sombre pour le mouvement souverainiste», dit Michel Seymour, professeur titulaire au Département de philosophie de l’Université de Montréal et intellectuel engagé. «Le mouvement est en dormance», indique pour sa part Louise Beaudoin, députée indépendante de Rosemont. «Les chefs actuels ne soulèvent pas les passions», croit quant à lui Jean-Martin Aussant, député indépendant de Nicolet-Yamaska et chef du nouveau parti souverainiste Option Nationale.

Quand on leur demande si le mouvement souverainiste s’essouffle, ces souverainistes sont portés à dire que, si le mouvement n’est pas mort, il n’est pas fort pour autant, et qu’aujourd’hui, c’est par l’initiative citoyenne que pourra se réaliser la souveraineté, et non pas par l’entremise de partis politiques. «Tant que ça ne sera pas le peuple qui va la vouloir, sa souveraineté, elle ne se fera pas», affirme Jean-Martin Aussant.

La chute du Bloc québécois aux dernières élections fédérales, la division au sein du Parti québécois, la création du nouveau parti de François Legault qui écarte pour le moment l’option souverainiste ainsi que la méfiance de la population pour la classe politique, entre autres choses, les laissent penser que le souverainisme d’aujourd’hui doit passer par le citoyen.

Certains mouvements citoyens fondés au cours des derniers mois, leur donnent espoir quant à l’avenir du Québec. «Actuellement, il y a un désir de changement dans la société, avec les indignés d’Occupons Montréal et les mouvements anti-gaz de schiste, souligne Gilbert Paquette, coordinateur de Cap sur l’indépendance. Ces mobilisations opérées en grande partie par des jeunes préparent l’indépendance.» «Je suis encouragée parce que je sens qu’il y a une certaine effervescence citoyenne, confie Louise Beaudoin. Dans le dernier documentaire d’Hugo Latulippe, République, un abécédaire populaire (NDLR : dans lequel 53 leaders d’opinion de tous horizons se questionnent sur l’avenir du Québec), le mot «souveraineté» n’est pas prononcé une seule fois, mais elle est sous-jacente à tout le film, car les valeurs exprimées sont toutes celles d’une nation, d’un pays.»

Le mouvement souverainiste aurait-il changé de forme? Cela reste encore à être établi, mais il semble révolu le temps où les souve­rainistes purs et durs criaient «Souveraineté!» telle une incantation. Alors que des états gé-néraux sur la souveraineté pourraient avoir lieu dans les prochains mois, et que l’on soulignera, le 4 novembre, les 30 ans du rapatriement de la Constitution canadien­ne, il est grand temps que le Québec se questionne sur sa place dans le Canada, croit Michel Seymour. «Les souverainistes doivent comprendre que la population ne voudra pas faire la souveraineté si elle ne se sent pas rejetée à l’intérieur du Canada», dit-il.

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