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Tout en blogue

Que les choses soient claires : je n’ai aucune objection à ce qu’un débat gauche/droite se déroule sur la scène politique, ni même sur les tribunes publiques et dans les médias. C’est une bonne chose d’encourager la diversité et la variété des points de vue et des idées, mais pour cela, il faut que les arguments soient fondés. Toutefois, et malheureusement, le débat a parfois plus l’air d’un blogue d’opinions personnelles présentées publiquement.

Je prends comme exemple l’intervention de Joanne Marcotte, cofondatrice du réseau Liberté-Québec, à l’émission de Richard Martineau en mars sur le budget 2011-2012. Pour appuyer ses dires sur la prétendue injustice du Régime des rentes qui serait, selon elle, plus généreux s’il n’était pas public, elle a soutenu : «OK, je le sais, mon chum fait ça dans la vie.» On entend souvent qu’il est impossible de discuter avec la go-gauche, trop idéologique, mais quand un argumentaire de droite est appuyé par la profession du conjoint, ça ne fait pas très sérieux.

Mme Marcotte a aussi été invitée à l’émission de Jean-Luc Mongrain en 2010 (à la suite d’un billet publié sur son blogue sur les garderies), où elle a affirmé que le système de garde d’enfants n’est pas universel puisqu’il s’adresse à toutes les familles (pas seulement aux plus démunis). N’est-ce pas le principe même de l’«universalité»? Dans son blogue, elle réplique à ceux qui pourraient être choqués par les profits réalisés sur le dos des enfants dans les garderies privées : «Y’a rien comme de solliciter le vieux fond catho qui méprise l’argent»… Un vieux fond catho culpabilisant… Alors que le président des garderies privées du Québec s’inquiétait davantage «des gens dans notre réseau qui ont géré des abattoirs et qui obtiennent des permis de garderies pour faire du fric sur le dos des enfants, ça vient ternir toute l’image d’un réseau» quand des allégations de favoritisme dans l’octroi des places ont été faites.

D’accord, un blogue est un blogue, et c’est personnel. Mais quand il sert de tremplin pour entrer dans l’espace médiatique et qu’il prend place au sein d’émissions d’affaires publiques, il ne sert qu’à alimenter les préjugés, ce qui n’est pas le but recherché, je l’espère. Une opinion personnelle qui prend une dimension politique, et qui sert le politique, a un poids et un impact dans la société; au minimum, il faudrait qu’elle soit fondée. Servir le débat rigoureusement est une respon-sabilité individuelle, sinon cela devient vide de sens.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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