La Commission Charbonneau fait appel aux citoyens
Dans le cadre de la Commission d’enquête sur la collusion dans le milieu de la construction, tous les citoyens seront invités à dénoncer les actes douteux.
C’est ce qu’a annoncé, mardi, la présidente de la Commission, France Charbonneau dans une entrevue enregistrée. Cette dernière est disponible sur le site internet de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (www.ceic.gouv.qc.ca). «En nous informant, vous vous aidez, vous nous aidez», a-t-elle déclaré.
Le mandat d’enquête porte sur les quinze dernières années et est particulièrement large. «Si vous êtes informé de pratiques douteuses dans l’octroi ou la gestion de contrat de construction dans votre municipalité, votre hôpital, votre école, votre commission scolaire, un ministère, un organisme parapublic, une société d’état, ou une firme privée, il est essentiel que vous nous avertissiez», a-t-elle ajouté. Une ligne téléphonique gratuite (1-855-333-2342) sécurisée a ainsi été mise en place.
La juge Charbonneau en a profité pour dévoiler les noms des membres de son équipe et des experts qui ont déjà commencé leur travail d’enquête. On y trouve notamment des policiers des avocats de haut calibre. Elle sera aussi secondée par l’ancien vérificateur général du Québec, Renaud Lachance et par Me Roderick Alexander McDonald.
La Commission ne commencera pas à siéger avant quelques mois. Le 30 mars, et après une consultation publique, la Commission adoptera ses règles de procédure. Elles visent la protection de ceux qui auront à témoigner.
Début mai, Mme Charbonneau prononcera la déclaration d’ouverture de la Commission. Plusieurs experts interrogés dans les médias ne pensent toutefois pas que les premiers témoignages surviendront avant le mois de septembre.
Arriver à obtenir des informations ne sera pas chose aisée, même au plus haut niveau. Les journalistes de La Presse et du Devoir ont ainsi mis en exergue que certains ministères concernés étaient réticents à fournir des informations aux enquêteurs.
L’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) est aussi sur la sellette. Elle a refusé de donner gratuitement à la Commission le contenu de sa base de données qui répertorie les dons aux partis politiques fait par ses membres et les membres de leurs familles.