Charest veut protéger 50 % du territoire du Nord
La moitié du territoire du Plan Nord sera protégée à l’horizon 2035. Le premier ministre Jean Charest et le ministre de l’Environnement Pierre Arcand ont dévoilé dimanche les grandes orientations environnementales du projet.
«Aucun État dans le monde n’a protégé une telle superficie dans un délai aussi court, affirme le premier ministre. Nous voulons faire du Plan Nord une référence internationale en matière de développement durable et de protection de l’environnement.»
Le protocole de Nagoya de 2010 prévoyait de porter à 17 % du territoire de l’aire de conservation environnementale. Le gouvernement Charest entend dépasser ces chiffres pour atteindre 20 % d’ici 2020. À terme, c’est 50 % de la surface du Plan Nord qui sera concernée.
Si le projet concernant les premiers 20 % est clair, la mise en œuvre concernant les autres 30 %, prévue pour 2035, est plus floue. «Nous allons faire des projets pilotes pour voir de quelle façon nous pouvons arriver avec des formules qui permettent de protéger le territoire de ce que sera le développement industriel», précise Jean Charest. Pour le moment, il s’agit davantage d’orientation que de concrétisation de projet.
Le Plan Nord s’articule autour de six grandes orientations environnementales (voir encadré) qui font suite à une consultation publique. À l’automne, les communautés d’habitants et les associations ont fait valoir leurs aspirations en matière de protection de la nature.
L’association Initiative Boréale canadienne indique être «très heureuse de cet objectif», de même que Pew Environment Group qui salue «une initiative aussi ambitieuse que louable».
Si Nature Québec célèbre «un bon changement de cap», Greenpeace dénonce le refus du ministre des Ressources naturelles d’augmenter les aires protégées en forêts commerciales. «Alors que le ministre Arcand fait de son mieux pour améliorer la performance environnementale du Plan Nord, son collègue a réussi à lui couper l’herbe sous le pied», déclare Nicolas Mainville, responsable de la campagne Forêt de Greenpeace.
«C’est une annonce recyclée, dénonce quant à lui, le député péquiste de l’Assomption et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement, de développement durable et des parcs Scott McKay. On croira au projet quand on le verra effectif.»
Les six grandes orientations environnementales du Plan Nord
1-Renforcement du réseau d’aires protégées : Québec prévoit la création d’aires protégées sur 20 % du territoire du Plan Nord
2-Développer les connaissances écologiques et environnementales : Sept projets pilotes seront réalisés «afin d’expérimenter de nouveaux modes de conservation et d’améliorer les connaissances écologiques et environnementales sur le territoire.»
3-Amorcer une démarche de planification écologique dès 2013 : le but est de contribuer à la « détermination de zones d’intérêt et à l’adoption d’orientations stratégiques […] de mise en valeur et de développement du patrimoine naturel à des fins non industrielles […].»
4-Proposer un encadrement légal adapté : un projet de loi portant sur la conservation du patrimoine naturel et sur le développement durable du territoire du Plan Nord sera présenté à l’Assemblée nationale.
5-Élaborer une stratégie de mise en œuvre : cette étape devrait pointer les actions à prendre avant 2020.
6-Assurer un processus de reddition de comptes : « En 2020 et en 2030, un bilan des réalisations sera fait et une nouvelle consultation publique sera lancée. »
Source: gouvernement du Québec