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16:14 18 décembre 2013 | mise à jour le: 18 décembre 2013 à 16:14 temps de lecture: 3 minutes

La bernache du Canada, une résidante montréalaise?

La bernache du Canada, une résidante montréalaise?
Photo: Collaboration spéciale

Certains comportements animaux semblent immuables, comme la migration en «V» des oies vers le nord au printemps, puis vers le sud à l’automne. Que penser de ces bernaches du Canada qui couvent et élèvent leurs jeunes, en plein été, à Montréal et dans les environs?

Il y a, en fait, de plus en plus de bernaches qui nichent dans nos régions. Il faut savoir qu’il existe plus de 11 sous-espèces de bernaches Branta canadensis, nommées à tort outardes (qui, elles, sont des oiseaux échassiers terrestres originaires d’Eurasie et d’Afrique). Au Québec, la population de bernaches est constituée principalement des sous-espèces interior et maxima, cette dernière étant deux fois plus massive que la première.

La Branta canadensis maxima, ou la «bernache résidan­te» est apparue au Québec vers la fin des années 1970, à la suite d’un repeuplement du côté américain dans les années 1950. D’abord présentes en Outaouais, les premières mentions de nidification dans la région métropolitaine furent signalées dans la région des îles de Varennes, au début des années 1990.

Les bernaches résidantes ont un grand succès de reproduction dans le sud et leurs jeunes sont non seulement nombreux, mais des études ont montré qu’ils atteignent leur maturité sexuelle avant leurs congénères. Les oiseaux bénéficient des espaces gazonnés où ils trouvent une excellente nourriture et ils se plaisent aux côtés des humains riverains.

Une cohabitation parfois… délicate
Aussi bucolique qu’elle paraisse, cette cohabitation ne se fait cependant pas sans heurts. Les nombreuses fèces des bernaches menacent la salubrité de certains sites, et un couple qui niche défendra férocement son territoire, quitte à attaquer tout promeneur qui s’en approche.

Rappelons que ces oiseaux sont protégés en vertu de la Loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. Pour en savoir plus, une brochure d’Environnement Canada est disponible. Aussi, des sections du site web d’Environnement Canada sont consacrées à la bernache.

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Semblables et pourtant différentes
Ces deux sous-espèces de bernache migrent à l’automne, généralement au centre et sur la côte est américaine. Certains individus passent cependant l’hiver parmi nous, s’ils trouvent un endroit où s’alimenter, par exemple, un étang partiellement gelé. C’est à la migration du printemps que les deux sous-espèces se distinguent :

  • Branta canadensis interior survole la région montréalaise et continue son voyage plus au nord, pour aller nicher dans les environs de la péninsule d’Ungava.
  • Branta canadensis maxima s’arrête bien avant, ne dépassant pas le 48e parallèle. On peut alors la retrouver facilement en train de nicher et d’élever ses jeunes au Jardin botanique ou au parc-nature du Cap-Saint-Jacques. C’est celle qu’on surnomme la «bernache résidante».

Jacques Dancosse
Conseiller scientifique au Biodôme de Montréal
espacepourlavie.ca

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