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Les volontaires sont encore à pied d’œuvre

Photo: Croix rouge canadienne

La Concertation pour Haïti (CPH) demeure critique quant à la situation dans le pays, alors que les efforts de reconstruction sont toujours en cours depuis le tremblement de terre.

Des 1 500 000 personnes qui étaient sans logis à la suite du séisme en 2010, près de 12 % sont toujours dans des camps d’abris temporaires, selon des données de l’ONU présentées hier en conférence de presse par le CPH. Bien que cela représente une avancée, l’organisme rechigne à applaudir ce résultat. «Les deux stratégies privilégiées ont été la construction d’abris temporaires et les subventions à la location, plutôt que la réparation ou la reconstruction de logements permanents», déplore Paul Cliche, chercheur à l’Université de Montréal qui a effectué une recherche sur l’aide canadienne en Haïti.

La Croix-Rouge canadienne, toujours présente sur le terrain, a permis à 200 000 Haïtiens d’intégrer un logement plus décent, selon son directeur Michel Léveillé, bien que les constructions en pierre ne soient pas privilégiées. «Nous avons fait le choix, en 2010, d’employer des constructions qui peuvent être mises sur pied rapidement. Nos maisons sont donc en bois pré usiné, et elles résistent à des vents de 240 km/h», soutient Michel Léveillé, directeur de la Croix-Rouge canadienne, division du Québec.

Le mois dernier, la Croix-Rouge canadienne a également posé la première pierre de l’hôpital Saint-Michel, à Jacmel. Le bâtiment devrait ouvrir ses portes en 2016.

Un contingent de policiers canadiens est également sur le terrain en Haïti, et ce, depuis bien avant le tremblement de terre, dans le but de renforcer les capacités et de professionnaliser la police nationale.

La criminalité élevée a fait plusieurs victimes après le tremblement de terre, alors que plusieurs femmes, notamment, ont été agressées dans les lieux publics. «Avant, la population haïtienne nous regardait avec crainte. Depuis mon retour en Haïti en juin 2013, je vois des gens nous sourire, nous saluer, nous serrer la main. Le sentiment de sécurité s’est accru et le taux de criminalité a baissé», soutient Michel McDonald, de la Gendarmerie royale canadienne, chef du contingent canadien en Haïti.

Il dirige actuellement un projet de formation de policiers à vélo auprès de la police nationale haïtienne (PNH), auquel participent certains agents du Service de police de la Ville de Montréal. «Il faut que les policiers puissent se rendre facilement et rapidement sur les lieux des incidents. Mais vu les routes accidentées et le trafic impressionnant en Haïti, le vélo devient un outil de choix», ajoute M. McDonald, heureux de clamer que le nombre de meurtres et de kidnappings est en baisse en Haïti, sans donner de chiffres à l’appui.

Situation incertaine
Près de 6 000 Haïtiens ont profité du programme de parrainage du Québec à la suite du séisme et ont pu rejoindre leurs familles dans la Belle Province. «Presque tout le monde est arrivé, mais il y a quelques personnes qui entrent encore», affirme Marjorie Villefranche, directrice de la Maison d’Haïti à Montréal.

Cependant, plusieurs Haïtiens au Québec sont actuellement dans une position inquiétante. «Certains Haïtiens sont entrés par eux-mêmes, en situation de réfugiés, par avion militaire. Le gouvernement leur a attribué un permis de travail, mais ce dernier vient à échéance, et Ottawa leur a refusé la résidence permanente», indique Mme Villefranche. Près de 1 000 Haïtiens au Québec seraient dans cette situation, selon la directrice.

Maisons
Le regroupement affirme que seulement 7 515 maisons ont été reconstruites depuis 2010 au pays. Cela représente 13 % des objectifs de reconstruction. À l’heure actuelle, seulement 4 % de la reconstruction a été accomplie.

Lire aussi: Le gouvernement haïtien tarde à reprendre sa place

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