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Retour sur 50 ans d’éducation pour tous

Photo: Métro

En ce jour de février, en 1961, l’Assemblée nationale du Québec adoptait la loi créant la Commission d’enquête sur l’enseignement. Un grand remue-méninges qui mena à la rédaction du rapport Parent (du nom du président de la commission, Mgr Alphonse-Marie Parent), pour lequel on célèbre cette année ses 50 ans. Plusieurs réformes découlent de ce rapport, dont la création du ministère de l’Éducation et le système public et gratuit jusqu’au collégial. Trois acteurs du monde de l’éducation font un bilan.

Monique Brodeur Doyenne de la Faculté de l'enseignement de l'UQAMPrévention à revoir
Pour la doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM, Monique Brodeur, des lacunes sont toujours présentes. Le soutient à l’enseignement est parfois défaillant. «On retrouve très peu d’orthopédagogues au niveau du secondaire», regrette-t-elle. La prévention reste la solution à privilégier. «C’est très difficile quand un enfant a pris du retard de pouvoir l’aider à récupérer ce décalage», affirme la doyenne. Bonifier l’offre des CPE et celle de la maternelle à 4 ans dans les milieux défavorisés sont de bonnes méthodes afin d’assurer plus d’équité dans le système éducatif québécois, dit-elle.

Gaston Rioux Fédération des comités de parents du QuébecLa menace du privé
Le rapport entre le public et le privé inquiète maintenant les parents d’élèves. «Le rapport Parent proposait que le public et le privé soient complémentaires. Ce n’est pas ce qu’on vit aujourd’hui. Ils sont en compétition», affirme Gaston Rioux, président de la Fédération des comités de parents du Québec. Résultat: les classes du public se vident des élèves les plus forts, au profit du privé. «Pourtant, les recherches soutiennent que l’hétérogénéité des classes est bénéfique pour les élèves», ajoute M. Rioux. Les professeurs n’ont pas toujours les ressources pour s’adapter à cette réalité, déplore le président.

Sylvain_Malette Fédération autonome de l'enseignementÉcouter les professeurs
Le rapport Parent reconnaissait l’autonomie professionnelle de l’enseignant, rappelle Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement. «Aujourd’hui, de plus en plus de gens viennent dire aux professeurs comment faire leur travail», regrette-t-il. On leur dit comment adapter leur enseignement, comment modifier leurs façons de faire pour chaque élève, explique-t-il. «Mais c’est lui le pédagogue. […] Un médecin qui prescrit un médicament à un patient, personne ne remet ça en question. Mais les professeurs rencontrent des réticences à leurs diagnostics», ajoute M. Mallette.

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