Le comportement des électeurs sous la loupe
Des chercheurs de l’Université de Montréal étudieront le comportement des électeurs à travers différents modes de scrutin pour comprendre leurs effets sur les intentions de vote.
L’expérience «L’élection d’à côté», dirigée par la Chaire de recherche du Canada en études électorales, invitera les participants à voter en ligne tous les jours pendant six jours. Les volontaires devront choisir entre les six principaux partis politiques en lice aux élections provinciales.
Au cours des trois premiers jours, le vote sera effectué selon le mode de scrutin actuel. Lors des trois suivants, les chercheurs utiliseront le mode de scrutin proportionnel pour déterminer l’issu du scrutin. Les résultats des différents suffrages seront dévoilés tous les jours aux participants après la période de vote.
«On veut voir si les gens font les mêmes choix électoraux dans des contextes différents, explique André Blais, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études électorales. Ce qui nous intéresse aussi c’est de savoir dans quelles mesures les gens vont modifier ou non leur comportement en fonction du résultat du vote.»
Le comportement des électeurs dans un mode de scrutin proportionnel, qui est moins connu chez les Québécois, suscite notamment des questionnements chez les chercheurs. «Au départ, ce sera peut-être moins clair pour eux comment voter avec ce système. En voyant les résultats chaque soir, ils comprendront peut-être mieux son fonctionnement et pourraient possiblement ajuster leur comportement», avance M. Blais.
Alors que plusieurs sondages sur les intentions de vote des électeurs québécois ont été dévoilés depuis le début de la campagne électorale, M. Blais reconnait que cette recherche permettrait aussi de comprendre leur influence sur les électeurs. «Comment l’information qu’on possède sur le comportement des autres électeurs influence notre comportement, ça fait partie de cette recherche», avoue-t-il.
Il estime que ces sondages peuvent effectivement avoir une influence sur les intentions de vote des électeurs, bien qu’elle soit «plus faible qu’on le croit généralement».
La chaire de recherche de l’Université de Montréal compte trouver près de 1000 participants pour cette recherche qui se déroulera au courant de la semaine du 31 mars prochain. Les citoyens intéressés à y prendre part ont jusqu’à samedi pour s’inscrire en visitant le site www.electiondacote.org.
Réforme
Le Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN) a clamé samedi qu’elle promet de défendre dans les prochains mois le débat sur une réforme du mode de scrutin.
André Blais de l’Université de Montréal avoue que leur expérience n’a pas pour objectif premier de susciter le débat sur cette réforme. Il admet toutefois que la chaire de recherche est «toujours intéressée à susciter des réflexions sur tous les aspects de la démocratie électorale, y compris le mode de scrutin».