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Signature ou œuvre inachevée?

Le nouveau pont Champlain n’a pas fini de faire parler de lui. Le concept expliqué par Claude Provencher, architecte, qui pilotait le comité consultatif sur l’architecture du nouveau pont, définit un pont haubané au design simple et épuré avec mouvement dansant autant par les portiques et les pieux que par la courbe qui relie les deux rives. On se rappelle que c’est ce comité, né de l’urgence d’avoir un nouveau pont pour 2018, qui a pris le dossier en charge.

Il est rare qu’un concept architectural fasse l’unanimité. Certains auraient préféré un concours international, et j’en suis. Soit, je pourrais me rallier à l’urgence de bâtir. Mais il faut le faire bien, et l’œuvre doit être élégante.

Ce qui m’inquiète, c’est qu’une fois les plans déposés, qu’en restera-t-il?

On remarque sur la maquette la blancheur et l’illumination du pont, ce qui lui donne une apparence de légèreté. Les abords sont aménagés de telle sorte que les Montréalais pourront apprécier l’effet créé par les pieux sous le pont. Autre détail à remarquer, il est seul sur la maquette, flottant et délicat. Une question en passant : quel est l’échéancier prévu pour démolir le vieux pont?

Où cela risque de se gâter, c’est à l’appel d’offres et aux conditions s’y rattachant. Le pont doit durer 125 ans. Le consortium qui sera choisi aura le libre choix des matériaux à utiliser, tant pour le manteau que pour la structure. On se rappelle que nous sommes forts sur le béton. Effectivement, les designs de conception sont en acier ou en béton. Qui choisira? Sur quels critères? La durabilité? Le prix? Les deux, en y ajoutant le critère «signature» d’une ville pour le pont le plus utilisé au Canada?

Nous avons beau répéter que la politique du plus bas soumissionnaire n’est pas forcément la solution, qu’à cela ne tienne, ce sera celui des six consortiums dont le prix sera le moins élevé qui sera choisi. Attendons-nous alors à des «petits extras» une fois les travaux entamés. Qu’on se souvienne des travaux du métro de Laval à trois fois le coût prévu. Les ingénieurs avaient «oublié» un kilomètre et demi de trajet à 150 millions le kilomètre.

Le ministre Lebel parle d’un pont Champlain qui coûtera entre trois et cinq milliards. Qu’est-ce qui justifiera les deux milliards de différence? Le SLR?

Non, car la maquette du pont a trois segments, deux pour les voitures et un pour le transport en commun, et on y voit des autobus. Mauvais signe pour le SLR. Quant à celui-ci, on se bat encore pour les chiffres : le deux milliards de l’AMT ou le moins d’un milliard de M. Bergeron?

J’espère seulement qu’il y a un organisme central décisionnel qui supervise la coordination de l’ensemble du territoire, du dossier et des intervenants. Nous avons l’expérience du manque de coordination entre paliers gouvernementaux : le réaménagement de l’échangeur Dorval en est un bon exemple.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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