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Les policiers promettent une radicalisation

Les policiers promettent une radicalisation
Photo: Josie Desmarais/Métro

MONTRÉAL – Les policiers municipaux du Québec entendent intensifier leurs moyens de pression au cours des prochains jours en vue de l’étude en commission parlementaire du projet de loi 3, qui vise une réforme des régimes de retraite des employés municipaux.

«C’est clair qu’on se dirige vers une radicalisation, tout à fait. C’est clair qu’on est en train de donner le ton en vue de la commission parlementaire», a indiqué le président de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPQM), Denis Côté, qui regroupe l’ensemble des syndicats de policiers municipaux de la province.

La commission parlementaire doit se tenir à compter du 20 août.

M. Côté avertit toutefois les citoyens que ses membres ne relâcheront pas leur vigilance.

«En aucun temps les moyens de sensibilisation, aussi radicaux qu’ils vont devenir, ne vont affecter le service à la population. Nous allons continuer à dispenser les services policiers. Les citoyens ne feront pas les frais de cette relation conflictuelle que nous avons avec les municipalités», a-t-il précisé.

Il a pris soin d’ajouter que les automobilistes ne bénéficieront pas de passe-droit: «Il n’y aura pas d’action concertée, de mot d’ordre de réduire les contraventions.» Il a rappelé au passage que les syndicats de policiers avaient déjà fait l’objet de recours exercés contre eux pour des sommes que les municipalités disaient avoir perdu durant un conflit.

M. Côté, refuse toutefois de préciser l’allure que prendra cette «radicalisation des moyens de pression».

Cependant, il est déjà clair que les syndicats policiers ont l’intention de contester les factures que certaines municipalités leur ont déjà refilées pour faire retirer les autocollants apposés sur les auto-patrouilles.

«À Granby, par exemple, c’est complètement ridicule; ils ont rappelé des employés au travail dimanche pour enlever des auto-collants (…) Quand vous voyez une gestion des deniers publics aussi ridicules que cela, je peux comprendre que nos régimes de retraite soient dans un mauvais état parce que c’est eux qui en ont le contrôle.»

Ce moyen de pression, tout comme le port de pantalons irréguliers ou de casquettes s’est étendu à travers la province.

Les policiers, comme plusieurs autres catégories d’employés municipaux, sont ulcérés par l’approche du gouvernement Couillard qui tente d’imposer les mêmes mesures à toutes les municipalités.

«Le projet de loi vise une solution mur à mur alors que ce n’est pas l’ensemble des régimes de retraite qui sont en difficulté», a fait valoir le syndicaliste. «Il y avait quelques ententes — qui ne tiendront plus — mais il n’y en a pas beaucoup parce que les municipalités ne veulent pas négocier.»

«Elles se sont fait promettre un projet de loi et, quand elles arrivent à la table, ils présentent une copie conforme du projet de loi 3 et disent que c’est à prendre ou à laisser puisque, de toute façon, la loi va s’appliquer.»

Il déplore que le projet de loi 3 fasse table rase des ententes et impose des sacrifices à des employés dont le régime n’a pas à être renfloué.

De son côté, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) s’est faite avare de commentaire. Son porte-parole s’est contenté de réitérer la position déjà exprimée par l’UMQ à l’effet que celle-ci laissera chaque municipalité appliquer les mesures nécessaires en fonction de chacune des situations qui surviendront en matière de relations de travail.