Soutenez

Jean Charest ne veut pas discuter avec la CLASSE

Photo: Archives Métro

MONTRÉAL – Le premier ministre Jean Charest estime que la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) n’aura pas sa place au sein de la commission indépendante sur la gestion des universités tant et aussi longtemps qu’elle ne condamnera pas fermement et sans réserve la violence qui se manifeste en marge du conflit étudiant.

De passage à Laval, lundi, pour faire la promotion du Plan Nord, le premier ministre a qualifié d’inacceptables les gestes de violence et d’intimidation qui se sont multipliés récemment.

«La CLASSE prend des positions extrêmes dans le débat et, en plus, ses leaders refusent de condamner les actes violents dont on a été témoins, en particulier dans les derniers jours», a déclaré M. Charest.

Il a profité de l’occasion pour répéter que son gouvernement ne reculerait pas sur la question de la hausse. «La décision sur les droits de scolarité a été mûrie sur une très longue période de temps. C’est une décision à laquelle nous croyons beaucoup, qui est juste et qui est équitable», a-t-il tranché.

Plus tôt dans la journée, la CLASSE s’était dit prête à participer aux travaux de la commission sur la gestion des universités, annoncée la veille par la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, qui y a invité les fédérations étudiantes collégiale (FECQ) et universitaire (FEUQ), mais pas la CLASSE.

La CLASSE a aussitôt demandé aux deux fédérations de faire preuve de solidarité et de ne pas accepter d’y participer si elle n’y était pas elle-même présente.

«C’est un appel à la solidarité que nous leur faisons aujourd’hui, et nous le réitérons parce que c’est important, quand on veut négocier, que toutes les organisations étudiantes soient présentes pour maximiser les chances de réussir», a plaidé lundi Jeanne Reynolds, l’une des coporte-parole de la CLASSE.

Mme Reynolds et son collègue, Gabriel Nadeau-Dubois, ont d’ailleurs accusé au passage la ministre Beauchamp de chercher à diviser le mouvement étudiant en l’écartant de ces travaux, alors que leur organisation représente 47 pour cent des étudiants qui boycottent leurs cours.

La CLASSE se dit également prête à faire sa part pour diminuer la tension, et estime que son ouverture à participer à la commission en est une démonstration. Cependant, bien que ses porte-parole disent se dissocier des actes de violence, ils refusent systématiquement de les condamner, disant ne pas avoir de mandat en ce sens.

«La CLASSE réitère que ce ne sont pas des moyens qu’elle utilise. Ce sont des moyens qu’elle n’a jamais utilisés et qu’elle n’utilisera jamais. Cela dit, il y a assez de tribunaux au Québec pour condamner les gens. Nous ne voyons pas en quoi les associations étudiantes devraient également le faire», a indiqué M. Nadeau-Dubois.

Le premier ministre Charest a rétorqué qu’il ne fallait pas de mandat pour condamner des gestes qui vont à l’encontre des valeurs de la société.

Bien que Mme Beauchamp ait indiqué que la commission ne portera pas sur les droits de scolarité, la CLASSE justifie sa demande de participation par le fait qu’en discutant des dépenses des universités en publicité et en immobilisations, ainsi que du nombre et de la rémunération des cadres et des recteurs, la question du financement des universités et, par le fait même, celle de la hausse des droits de scolarité devront être abordées.

«Comment peut-elle, d’un côté, nous dire que l’argument principal qui fonde sa hausse des droits de scolarité est à rediscuter, mais que la hausse, elle, ne devrait pas être remise en question?», a fait valoir Gabriel Nadeau-Dubois.

«Si les chiffres qui justifient la hausse des droits de scolarité perdent leur crédibilité, la hausse des droits de scolarité perd également une partie de sa nécessité et de sa crédibilité.»

Par ailleurs, des organisations syndicales se sont réjouies de la récente ouverture démontrée par la ministre Beauchamp, mais en demandent davantage. L’Alliance sociale, qui regroupe sept organisations syndicales du Québec, exige ainsi que l’ensemble des associations étudiantes soient invitées à participer à une éventuelle commission indépendante sur la gestion des universités.

Les syndicats affirment aussi qu’il faudra y aborder la question des droits de scolarité, même si la ministre l’a écartée de l’ordre du jour. Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, croit qu’il faut maintenir la pression et poursuivre les efforts pour faire plier Québec.

L’Alliance sociale demande également à ce que la hausse des droits de scolarité annoncée pour la prochaine année scolaire soit suspendue, le temps que la commission indépendante puisse déposer son premier rapport.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.