Le cannabis thérapeutique devrait redevenir accessible en janvier
Le projet de recherche devant permettre aux médecins du Québec de prescrire du cannabis thérapeutique se finalise et devrait être effectif en janvier 2015, assure le Collège des médecins.
Depuis l’entrée en vigueur du Règlement fédéral sur la marijuana à des fins médicales en avril 2014, les près de 3000 patients québécois bénéficiant de l’ancien régime de cannabis à des fins médicales ne doivent plus passer par Santé Canada, mais par leur médecin pour pouvoir s’approvisionner à des producteurs autorisés.
Or, comme le Collège des médecins considère que le cannabis séché n’est pas un traitement reconnu, les médecins ne peuvent le prescrire que dans le cadre d’un programme de recherche.
Seul hic, il n’existe pour le moment aucun protocole de recherche sur le cannabis séché au Québec. C’est ce à quoi veut remédier le Collège des médecins avec ce projet annoncé au printemps dernier et qui prend beaucoup de temps à se mettre en place.
En attendant, une certaine confusion semble régner parmi les médecins sur la marche à suivre. Un colloque aura d’ailleurs lieu vendredi au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), au cours duquel une douzaine de professionnels de la santé discuteront de différents enjeux et réalités reliés à l’usage médical du cannabis.
«Le but est d’informer les professionnels et les patients de ce qu’on connaît sur la question, afin qu’ils puissent s’y retrouver», a expliqué le Dr Pierre Beaulieu, anesthésiologiste au CHUM.
Selon Adam Greenblatt, ancien directeur de la Société pour l’accès au cannabis médical, certains médecins font encore des prescriptions de cannabis, alors que d’autres ont complètement arrêté de le faire et ont annulé des prescriptions, par peur de représailles du Collège des médecins.
«Ça a causé des problèmes à plusieurs usagers, qui ont été forcés de s’en procurer sur le marché noir», a déploré M. Greenblatt. Le Dr Beaulieu et le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins, reconnaissent volontiers cet écueil.
Manque de recherche
Si le cannabis thérapeutique n’a pas fait ses preuves, c’est que très peu de recherches se sont penchées sur la question.
Le Dr Yves Robert estime que le Collège des médecins va combler un immense vide avec son projet de recherche, qui mènera à la création d’une base de données des patients qui font usage du cannabis thérapeutique. «Quelles sont leurs conditions médicales, quels dosages ils prennent, quels effets cela donne? On est en train de faire le travail que Santé Canada aurait dû faire depuis 10 ans et qu’il s’est toujours refusé à faire.»
«Santé Canada nous dit clairement qu’il ne subventionnera jamais une recherche sur le cannabis, a poursuivi le Dr Robert. Si le fédéral ne le fait pas, si les fonds de recherche en santé du Canada ne le font pas et que les fonds de recherche en santé du Québec ne le font pas, qui va le faire? C’est le Collège des médecins qui doit financer en partie un projet de recherche qui relève du gouvernement, mais qui veut s’en laver les mains sur le dos des collèges.»
Selon le Dr Pierre Beaulieu, c’est là un enjeu majeur de santé publique. «C’est important que les médecins puissent informer les patients des bénéfices et des risques de l’usage des diverses formes de cannabis thérapeutique pour diverses maladies.»