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Austérité: manifestation pour «fédérer tous les mécontents» samedi

Austérité: manifestation pour «fédérer tous les mécontents» samedi
Photo: Yves Provencher/Métro

Après plusieurs manifestations contre l’austérité organisées dans les derniers mois, les rues de Montréal s’apprêtent à accueillir, samedi, ce qui pourrait être «la plus grosse manifestation de l’automne», estime Jacques Létourneau, président de la CSN.

La manifestation «Refusons l’austérité» est organisée par dix organisations, dont le Collectif pour un Québec sans pauvreté, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

Difficile pour les organisateurs d’évaluer combien de manifestants seront présents à Montréal et à Québec, les deux lieux de rassemblement de cette manifestation nationale, mais on sait déjà que 150 autobus voyageurs remplis de manifestants convergeront vers Montréal, et 160 vers Québec. Il n’y a plus aucun autobus voyageur coach disponible ce samedi au Québec depuis plusieurs semaines, dit même le porte-parole de la CSN.

Trois autobus sont déjà partis des Îles de la Madeleine pour faire le voyage vers Québec. M. Létourneau affirme qu’il n’a jamais vu autant de personnes, au cours de sa carrière, faire le trajet des Îles de la Madeleine vers une mobilisation dans l’une des deux grandes villes.

«C’est un peu la manifestation qui veut fédérer l’ensemble des mécontents et des mécontentes», résume M. Létourneau, après les nombreuses manifestations sur les différentes coupes ou réformes du gouvernement au cours de l’automne. On m’a aussi dit lors de la distribution de publicité dans le métro lundi, qu’il y avait presque une personne sur trois qui confirmait leur présence sur le champ.»

Ainsi, tous ces «mécontents» marcheront dans les rues, samedi, pour manifester leur opposition à une ribambelle d’annonces du gouvernement Couillard, telles que les coupes dans les Centres de la petite enfance (CPE), la réforme en santé, la réforme en éducation, la remise en question des CLD et CDEC, le projet de loi 3 sur les régimes de retraite des employés municipaux et les coupes dans les universités, donne en exemple le président de la CSN.

«Honnêtement, les travailleurs qu’on représente commencent à en avoir ras-le-bol pas à peu près, assure M. Létourneau. Ça fait 25 ans, au Québec, que c’est réforme par dessus réforme et rebrassage de cartes des commissions scolaires ou des agences de santé. En plus, on s’aperçoit que ça ne règle même pas le problème des finances publiques, au contraire, ça crée souvent l’effet contraire», évalue-t-il.

Il ajoute que des syndicats et des organismes communautaires ont eu l’intention, pendant l’automne, de créer un «front social contre l’austérité» qui ne s’est finalement pas concrétisé, faute de temps. «Mais à partir du moment où tout le monde converge vers la manifestation, on peut dire que c’est le «front social» qui est en train de se mettre en place et c’est une bonne nouvelle», se réjouit Jacques Létourneau.

M. Létourneau observe les dernières annonces du gouvernement Couillard et se désole. «On vient quand même d’atteindre un point culminant de remise en question des choix collectifs qui ont été faits au Québec depuis 35 ou 40 ans.»

À Montréal, le rassemblement aura lieu à la Place du Canada à midi, à l’angle de René-Lévesque et Peel, et le départ aura lieu à 13h.