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«L’opinion publique a fait la différence», dit le PDG de l’Association des CPE

Photo: Archives Métro

La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, a décidé lundi d’annuler les amendes qu’elle entendait imposer aux parents dont les enfants ne fréquentent pas à temps complet les centres de la petite enfance (CPE). Elle a précisé que le réseau des services de garde devait faire preuve de davantage de souplesse. Métro en a discuté avec le président de l’Association québécoise des CPE, Louis Sénécal.

Comment expliquez-vous le changement de cap de la ministre?

C’est l’opinion publique qui a fait la différence. Le tollé que son projet de loi a soulevé dès le départ, avant même les travaux de la commission parlementaire, l’a amenée à nuancer ses propos. Les gens luit ont dit qu’elle est en train de sanctionner des parents qui veulent passer un après-midi avec leur enfant. On ne s’attaquait pas au vrai problème.

Que proposez-vous pour mettre fin aux places fantômes dans les CPE?
D’abord, il faut faire un diagnostic et faire ressortir les éléments les plus porteurs pour proposer des réformes là où ça va compter. Les places fantômes, c’est un problème complexe qui demande une analyse pointue. Et les solutions ne font pas l’affaire de la ministre, mais elles existent. C’est d’abord de compléter le développement du réseau. Si la solution réside dans les places miroirs, c’est de dire qu’il y a un parent qui besoin d’une place les lundis, mardis et mercredis et qu’un autre enfant, dans le même secteur, soit disponible à venir les jeudis et les vendredis. Ça marche quand on se raconte une histoire à l’eau de rose, mais ça ne marche pas dans la vraie vie. Alors il faut qu’il y ait suffisamment de places pour que les parents qui en ont des besoins traditionnels, les parents qui ont des besoins à temps partiel et les parents qui ont des horaires rotatifs.

Autre chose, il va falloir s’asseoir avec les partenaires pour rendre le financement plus flexible. Il a été pensé il y a plusieurs années et il n’est plus adapté aux besoins des familles. La recette magique n’existe pas. Il faut qu’on échange des informations avec la ministre. Elle a une machine administrative qui fait de l’analyse. On est capable, quand on met ensemble nos ressources, de générer des solutions. On l’a fait dans le passé pour le financement des places poupons.

Est-ce que les CPE sont prêts à faire preuve de souplesse si le gouvernement réussit à trouver la formule qui permettra d’accommoder tous les parents?
Ce sont dans les CPE qu’on trouve le plus de familles avec des horaires atypiques. Il n’y en pas des tonnes, mais ça existe. Pour un CPE, avoir un enfant lundi et mardi et un autre enfant mercredi, jeudi et vendredi, c’est la situation idéale, mais ça n’arrive pas souvent. Si le financement était adapté, c’est certain que les CPE embarqueraient. La problème, ce n’est pas de vouloir ou non servir la population, c’est d’avoir les moyens de le faire. Et ça ne veut pas dire dépenser plus d’argent, ça veut dire le répartir autrement.

«Tout le monde disait que la ministre faisait fausse route [en commission parlementaire] et qu’elle devait travailler avec son milieu. Et c’est ce qu’elle refuse de faire.» -Louis Sénécal, président-directeur général de l’Association québécoise des CPE

Dans tout ce débat sur le fonctionnement des CPE, est-ce qu’on n’oublie pas l’essentiel qui est le bien-être des enfants?
Bien sûr! Est-ce qu’on peut lâcher l’aspect financier et s’attarder sur les services aux enfants. Le parrain de notre réseau qui a écrit Le Québec fou de ses enfants, Camille Bouchard, a dit que l’erreur qu’on a fait au départ, c’est de dire que notre réseau était fait pour la conciliation travail-famille plutôt que dire qu’il était orienté vers les services éducatifs. La ministre nous a déjà dit dans son bureau qu’elle voulait s’assurer que chaque enfant qui fréquente un service de garde en a réellement besoin. Comment peut-elle dire cela? Tous les enfants du Québec ont besoin d’une place! Ce n’est pas un service de garde, c’est un service éducatif!

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