Manger et boire local
15:54 28 janvier 2015 | mise à jour le: 28 janvier 2015 à 20:42 Temps de lecture: 3 minutes

Avortement: mise en garde contre des centres anti-choix

Avortement: mise en garde contre des centres anti-choix
Photo: Métro

Le nombre de centres de conseil qui tentent de dissuader les femmes à avorter a augmenté depuis 10 ans, souligne un rapport initié par la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) présenté mercredi.

Plusieurs reportages ont rapporté dans les dernières années la présence de ressources de soutien pour femmes enceintes qui, sous une façade de neutralité, tiennent des propos anti-avortement et véhiculent des informations sans fondements scientifiques. Cela a poussé Audrey Gonin, professeur à l’École de travail social de l’UQAM, et son équipe de recherche à mener une enquête. Elle a identifié plus d’une quinzaine de ces centres dans la province, dont environ la moitié a été créée après 2003. La majorité de ces ressources, qui offrent divers types de soutien aux femmes enceintes, sont référées par l’Alliance Ressources Grossesse.

Mme Gonin et son équipe ont recueilli des témoignages, fait des entrevues avec des intervenants de ces centres et analysé les faits relatés par diverses sources journalistiques.

L’une des conclusions principales de ce rapport de 170 pages est que ces centres utilisent, sur leur site internet, un discours en apparence pro-choix, de sorte que les jeunes femmes en questionnement peuvent s’y présenter en étant convaincues de leur impartialité. Mais lors des rencontres avec les jeunes femmes, les intervenantes présenteraient l’avortement comme étant condamnable et dangereux.

«On est là dans l’espoir que, dans notre milieu, le nombre d’interruptions de grossesses diminue», aurait affirmé une intervenante de l’un des centres à l’équipe de recherche.

Selon Sophie de Cordes, coordonnatrice de la FQPN, l’information diffusée, qui serait fausse, empêcherait ces femmes vulnérables de faire un choix éclairé et leur créerait de la détresse psychologique. L’organisme a mis en ligne un guide pour mettre les femmes en garde et les aider à reconnaître les ressources anti-choix. «Il existe des services d’accompagnement à la décision qui présentent toutes les options sur un pied d’égalité. Ce sont ces organismes que les femmes devraient consulter», a estimé Mme de Cordes.

La FQPN recommande au gouvernement de créer un site d’information présentant les informations fiables et les plus à jour sur le libre choix, la grossesse et l’avortement, et d’outiller les intervenants du système de santé afin de référer leur clientèle aux bonnes ressources.

Contacté par Métro, le Ministère de la Santé et des Services sociaux n’a pas été en mesure de fournir, pour le moment, de l’information sur l’encadrement de ces centres de conseil grossesse.

Articles similaires