Le juste prix?
Je croise plein de gens qui auraient bien voulu voir Paul McCartney au Centre Bell en août prochain. Malheureusement, à l’ère des mises en vente en ligne, un spectacle du genre prend désormais moins de 30 minutes pour afficher complet. Alors, ceux qui n’ont pas l’index néo-techno doivent maintenant se rabattre sur d’autres moyens pour trouver des places…
C’est là qu’interviennent les revendeurs de billets, plus communément appelés scalpers. Aussi bien le dire tout de suite, je méprise profondément les scalpers parce qu’ils vendent ce qui ne leur appartient pas. Premièrement, ils font de l’argent sur le dos des artistes sans leur remettre quoi que ce soit de leurs profits. Ensuite – je crois que c’est ça qui m’écoure le plus -, ils profitent de l’admiration toute légitime que des fans portent à leurs idoles. Et finalement, ils ont développé un ensemble de stratégies qui leur permettent de contrôler une part suffisamment importante du marché de la billetterie pour convaincre tout le monde qu’ils sont devenus incontournables.
Autrefois, les scalpers travaillaient sur le trottoir et étaient très faciles à repérer. Il en reste quelques-uns qui fonctionnent ainsi – d’ailleurs, pourquoi les policiers les laissent-ils faire ? – mais aujourd’hui, leurs méthodes sont devenues plus sophistiquées. Ils mettent leurs billets en vente sur eBay et sur d’autres sites de mise à l’enchère, ou encore, ils opèrent en cols blancs à partir de bureaux «officiels». Si la méthode est plus raffinée, leur commerce est toujours aussi malsain. Par exemple, quand je retrouve des billets que McCartney lui-même avait voulus accessibles pour ses fans (de 59,50 $ à 250 $) qui sont maintenant vendus jusqu’à 2 500 $ pièce, je me dis qu’il y a quelque chose qui cloche en quelque part. Soit que l’artiste sous-estime sa valeur, ce qui m’étonnerait fortement dans ce cas-ci, soit qu’un spéculateur sans scrupule se charge de fixer une plus-value pour atteindre ce qu’il estime être le «juste prix». Conséquence, l’achat de billets est plus que jamais un sport de riches, et c’est just too bad pour celui qui n’a pas les moyens d’embarquer dans une surenchère de malade.
Y a-t-il des solutions au problème? Pas sûr. On a eu beau instaurer toutes les tactiques dissuasives pour freiner les élans mercantiles de ces parasites, j’ai malheureusement l’impression que la partie est jouée. Va falloir sortir vos piasses…