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T'es qui toi?

L’autre jour, je vous faisais part de toute mon exaspération quant à la sous-utilisation gênante du carrefour Saint-Laurent et Sainte-Catherine. Je n’ai toujours pas changé d’avis, bien au contraire. Surtout depuis que les mouettes bien pensantes ont commencé à se faire aller le bec à propos de l’avenir du Café Cléopâtre, désormais désigné comme étant une institution du quartier. Moi qui avais toujours cru qu’il s’agissait simplement d’un autre bar de la Main…

C’est toujours comme ça quand les bolles s’approprient un lieu. Il faut que ça devienne automatiquement quelque chose de spécial, un trip que seuls quelques initiés peuvent comprendre. Que la place existe sans leur concours depuis près de 30 ans n’y change rien. Suffit que les détenteurs de la vérité vraie s’en mêlent pour que subitement, l’endroit grimpe en flèche dans le classement des merveilles du monde contemporain. Eh ben…

Imaginons un seul instant que l’on se contente de voir le Café Cléopâtre pour ce qu’il est, c’est-à-dire un club avec un bar de danseuses au rez-de-chaussée coiffé d’un cabaret de travelos à l’étage. Avec une clientèle fidèle et bigarrée. Imaginons un instant que l’on arrête de nous vendre la nouvelle idée – aussi fausse que tordue – qu’il s’agit là d’un haut lieu de l’underground montréalais et qu’il faut le protéger à tout prix. Tout ça, parce qu’une fois de temps en temps, on y présente des soirées fétiches auxquelles assistent une poignée de fac-similés d’anthropologues qui se font croire qu’ils mettent leur sécurité en péril en marchant à côté d’un robineux endormi sur le trottoir. Que d’émotions, ouf…

C’est quand même étrange de voir ces avocats sans cause aux prétentions tout aussi subites qu’obscures s’intéresser à la protection d’un endroit du genre. Qu’on arrête les conneries institutionnelles. Le Cléopâtre, le Cléo pour les intimes, n’est pas un musée. Loin de là. Dans le Top 10 des endroits à voir à Montréal, on le retrouve au numéro 972. 

Même les habitués de la place doivent donc se demander d’où sortent leurs nouveaux protecteurs. Ils ont bien raison de se poser la question. Ce n’est surtout pas à leur table qu’ils seraient venus s’asseoir lors de leurs stages d’observation. Ceux qui se tiennent au-dessus de la mêlée prennent toujours au moins un bras de distance…

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