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16:45 4 mai 2015 | mise à jour le: 4 mai 2015 à 16:48 Temps de lecture: 3 minutes

Dopage: l’expérience interdite

Dopage: l’expérience interdite
Photo: youtube

Ce dimanche, au milieu de cette infernale attente du 2e duel entre les Glorieux et le Lightning de Tampa Bay, j’ai vu un reportage sur le dopage qui m’a ôté toute envie de suivre ou d’apprécier n’importe quel événement sportif.

Il aurait suffi de moins de 13 minutes pour que cet hallucinant dossier de Stade 2, une émission sportive de la télé publique française, démontre sans ambiguïté qu’il est facilement possible pour un athlète de haut niveau de se doper sans être pris par les contrôles antidopage. Même les plus sévères. Même les plus contraignants.

Je ne suis pas dupe: on a vu de grands sportifs se repentir publiquement. Même Lance Armstrong a fini par le faire chez Oprah, une entrevue qui a fracassé l’audimat. D’autres sportifs d’élite ont carrément expliqué les dessous du dopage comme dans La Course secrète, le livre-confession où l’Américain Tyler Hamilton, coéquipier de Lance Armstrong, raconte les détails de ce système mafieux du dopage dans le cyclisme.

Dans la foulée, on ne comptait plus les révélations de spécialistes de l’analyse des performances des sportifs professionnels, ni les articles de journaux réputés qui démontrent clairement que les performances de sportifs de renom sont surnaturelles sans les faire tomber dans les filets des contrôles antidopage.

Pour vous dire, je suis conscient que le dopage dépasse de loin nos pires cauchemars, mais ce que montre Dopage: l’expérience interdite est pour moi la première véritable incursion dans le monde glauque du dopage.

Pour paraphraser notre humoriste Yvon Deschamps, «On ne veut pas le savoir, on veut le voir». Et là, je l’ai vu. Pendant 29 jours, l’équipe du diffuseur public français a suivi le quotidien de 8 champions qui ont accepté dans le plus grand secret de participer à un protocole de dopage exécuté dans un laboratoire indépendant et mis au point par le docteur Pierre Sallet, qui travaille dans la lutte contre le dopage.

On voit ainsi les sportifs recevoir leurs micros doses d’EPO, d’hormone de croissance, de corticoïde en trois semaines pour mieux comprendre l’influence des substances sur les performances. Et les résultats ont été cruels de vérité. Un athlète peut se doper et accroître rapidement et miraculeusement ses performances sans être détecté!

Regarder ce reportage de Pierre-Étienne Leonard a brisé en éclats mon amour indéfectible pour le sport d’élite. Ça n’a pas duré longtemps, hélas, car en fin de journée, mea culpa, j’étais fidèle au poste pour suivre le match des Glorieux!

Que faudra-t-il nous montrer pour cesser de participer à cette supercherie?

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