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15:00 9 août 2015 | mise à jour le: 9 août 2015 à 15:00 Temps de lecture: 4 minutes

Harper veut criminaliser le “tourisme” dans les zones contrôlées par l’ÉI

Harper veut criminaliser le “tourisme” dans les zones contrôlées par l’ÉI
Photo: La Presse CanadienneConservative Leader Stephen Harper makes a campaign stop in Ottawa on Sunday, August 9, 2015. Canadian's will head to the polls on October 19, 2015. THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick

OTTAWA — Les Canadiens n’ont aucun droit de voyager dans les régions du monde contrôlées par des groupes terroristes, et le premier ministre Stephen Harper a promis dimanche de prendre des mesures législatives contre ce qu’il appelle le “tourisme terroriste”.

De passage à Ottawa, le chef conservateur a promis d’élargir la législation qui interdit aux Canadiens d’aller à l’étranger combattre dans les rangs dans des groupes jugés terroristes par le gouvernement fédéral. “Il n’y a absolument aucun droit dans ce pays de voyager dans une région soumise à la gouvernance de terroristes. Ce n’est pas un droit humain”, a-t-il déclaré.

“Nous n’ignorons pas ici ce que font tous ceux qui se rendent dans une telle région. C’est pour cela qu’il faut pousser cette politique particulière qui est utilisée dans d’autres pays.” Le premier ministre a fait cette annonce dans un discours devant des militants à Ottawa, en faisant référence aux attaques inspirées du groupe État islamique commises l’an dernier par des Canadiens à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa, et qui ont fait deux morts. Une partie de la campagne électorale des conservateurs est basée sur la sécurité intérieure.

M. Harper a tenté, dimanche, de persuader la population que ses adversaires principaux, le libéral Justin Trudeau et le néo-démocrate Thomas Mulcair, ne sont pas en mesure de protéger les Canadiens.

Ces deux derniers ont toutefois soulevé des doutes sur le respect des libertés civiles avec le controversé projet de loi antiterroriste C-51, qui a été un sujet de conversation présent sur les médias sociaux durant les premiers jours de la campagne.

La nouvelle proposition de M. Harper est basée sur une législation similaire en Australie qui interdit à ses citoyens de se rendre dans certaines régions de l’Irak et de la Syrie.

Cette loi s’est attiré des critiques en Australie, où ses détracteurs croient qu’elle compromet la présomption d’innocence. L’Australie a désigné des parties de la Syrie et de l’Irak où il est interdit à ses citoyens de se rendre, et prévoit une peine de 10 ans de prison pour quiconque viole le règlement.

De manière semblable, un gouvernement conservateur établira des “zones désignées” — des régions du monde que contrôlent des groupes extrémistes comme l’État islamique et où ils recrutent et forment des combattants. Aucun endroit autre que l’Irak n’a été mentionné, mais M. Harper a précisé que la loi viserait “les endroits les plus dangereux sur Terre où la gouvernance est non existante et où la violence est généralisée et brutale”.

Les conservateurs veulent que les agences de sécurité nationale suivent la trace des Canadiens qui se rendent dans ces régions et les contraignent à revenir au pays, ou dans un pays avec lequel le Canada a un traité d’extradition. Ces Canadiens devront alors prouver qu’ils s’étaient déplacés dans ces secteurs pour des raisons humanitaires ou parce qu’ils couvraient un conflit pour le compte d’un média.

Le chef conservateur a admis qu’il pourrait “théoriquement” y avoir des raisons légitimes pour aller dans ces régions, dans “certaines, rares circonstances”, notamment pour un diplomate. “Il y aura des exceptions dans la loi pour ces raisons légitimes, a affirmé M. Harper. Je ne pense pas que les gens qui ont des raisons légitimes auront du mal à les démontrer, mais nous savons ce que les autres font là-bas et c’est une chose qu’il faut tuer l’oeuf avant que des terroristes, des terroristes entraînés, ne reviennent ici.”

Stephen Harper se rendra à Québec pour un rassemblement cet après-midi, avant de se diriger vers Toronto pour un événement lundi.

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