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02:00 12 août 2015 | mise à jour le: 12 août 2015 à 08:30 temps de lecture: 4 minutes

Dans les coulisses de la SAQ

Dans les coulisses de la SAQ

Tout alcool vendu au Québec – sauf la bière brassée ici – passe par le centre de distribution de la Société des alcools. Petite visite guidée de l’immense entrepôt.

Vue d’ensemble
On dirait un Ikea géant. Des rangées et des rangées de couloirs profonds formés par les immenses structures de métal sur lesquelles reposent des palettes et des boîtes parfaitement empilées. Sauf que, dans les caisses, on ne trouve pas des meubles à assembler, mais quelque chose qui est déjà prêt à être consommé: des bouteilles de vin, de spiritueux et de bière.

Le centre de distribution montréalais de la Société des alcools du Québec (SAQ), situé dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, près du port de Montréal, est l’un des deux seuls du genre dans la province, avec son cousin de Québec. Grand de 755 000 pi2 – l’équivalent de 13 terrains de football! –, il dessert l’ouest et le sud du Québec.

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Le centre de distribution
Les commandes arrivent régulièrement et en quantité importante au centre de distribution. Chaque année, 15 millions de caisses transitent par le centre, qui peut en stocker 3,5 millions. L’endroit, où la température ne passe jamais sous ou au-dessus de 22°C, fournit les succursales et les vendeurs autorisés, mais aussi dix autres types de clients, dont les restaurants, les douanes et les consulats. Ne cherchez pas la section des rouges ou l’étalage des vins espagnols. Tout est «pêle-mêle» ou plutôt classé par popularité des produits afin que les cueillettes par chariot élévateur ne provoquent pas d’embouteillage.

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Le centre spécialisé
À quelque pas du centre de distribution, on trouve le centre spécialisé, la caverne d’Ali Baba de Michael Génier, contremaître, qui a amorcé sa carrière à la SAQ en succursale il y a 31 ans. Ici, on remarque moins de palettes remplies sur les tablettes, et davantage de caisses individuelles, dont certaines sont ouvertes. C’est que le centre spécialisé vend plus de 10 000 produits à la caisse et à la bouteille à quelque 2000 clients, pour la plupart des restaurants, du Toqué! au Pacini! La SAQ est aussi le distributeur unique des événements. Quand Lewis Hamilton agite sa grosse bouteille de champagne sur le podium du Grand Prix du Canada de Formule 1, vous savez qu’elle est passée par ici auparavant.

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Le laboratoire
Pour chaque produit qui passe les portes du centre de distribution, on sélectionne une caisse-échantillon qui est étudiée. On recherche d’abord des anomalies sur la bouteille: on s’assure que le code-barres fonctionne et que les mentions légales y figurent.

Certains spécimens prendront le chemin du laboratoire pour des analyses plus poussées. Chaque jour, l’équipe de chimistes de la SAQ goûte environ 150 produits pour déceler un quelconque défaut dans le goût ou l’arôme, explique Ghislain Duquette, l’un des chimistes.

C’est ici aussi qu’on analyse les bouteilles saisies par les policiers et certains produits retournés en succursale par les clients. Mais attention, si vous avez eu la fausse bonne idée de changer le contenu d’un Château Lafitte par de L’Auberge, l’équipe pleine de pif du laboratoire va vous pincer!

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Les analyses
Aucun nouveau produit ne peut se retrouver sur les tablettes avant d’être passé par ici. On y analyse, entre autres, le taux d’alcool et de sucre, l’acidité, le taux de sulfites, mais on cherche également à déceler la présence trop importante de plomb ou d’arsenic. Si un alcool est déclaré non vendable – moins de 1% des produits –, tout le stock sera détruit aux frais du producteur. Les distributeurs attendent habituellement avec impatience les résultats des tests de la SAQ, réputée très sévère. Ils savent que, si un produit est accepté au Québec, il le sera probablement sur tous les autres marchés, indique Guylaine Trudeau, directrice de la gestion de la qualité.

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