Lien Mulcair et nazisme: un conservateur s'excuse
OTTAWA — Un candidat conservateur qui a établi un parallèle entre le prétendu «double discours» de Thomas Mulcair sur le projet d’oléoduc Énergie Est et la propagande nazie a présenté ses excuses, mardi.
Le porte-couleurs du Parti conservateur dans Joliette, Soheil Eid, avait étayé son propos en puisant dans les citations attribuées au tristement célèbre Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du dictateur allemand Adolf Hitler.
Il a ouvert son message daté du 16 août, depuis supprimé, en rappelant la tristement célèbre phrase qui aurait été prononcée par le propagandiste en chef du Führer (que l’on attribue aussi au philosophe Voltaire): «Mentez, mentez, mentez, encore et toujours, il en restera bien quelque chose!».
À partir de cette citation, il a attaqué le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), l’accusant de faire croire aux Albertains qu’il appuie le projet tout en disant aux Québécois «qu’il mettra des bâtons dans les roues du projet».
Peu après que ces propos eurent fait surface, mardi, le candidat Eid a présenté ses excuses par l’entremise d’un porte-parole du Parti conservateur, reconnaissant le caractère «inapproprié» de ses propos. La demande d’entrevue de La Presse Canadienne est restée lettre morte.
Les conservateurs ont confirmé mardi qu’il conservait sa place parmi l’équipe de candidats du Québec. Une source au parti a néanmoins reconnu que des commentaires de la sorte étaient effectivement inadmissibles.
Dans la foulée de cet incident, le NPD a demandé au chef conservateur Stephen Harper d’accomplir son «devoir» et de rappeler à l’ordre son lieutenant québécois Denis Lebel.
Car ce dernier a en quelque sorte parti le bal en taxant le chef néo-démocrate Thomas Mulcair de «vire-capot» et d’«imposteur dénué de principe», vendredi dernier.
«Denis Lebel est directement responsable de cette situation, lui qui fait constamment de la surenchère de propos démagogues», a déclaré par voie de communiqué Martin Leclerc, candidat du NPD dans la circonscription de Montcalm.
«Les conservateurs sont déjà allés trop loin et nous n’en sommes qu’au quart de la campagne. S’ils utilisent ces propos totalement déplacés à ce moment-ci de la campagne, on est en droit de se demander jusqu’où les conservateurs iront-ils?», a-t-il poursuivi.
Il y a quelques jours, Soheil Eid s’était exprimé sur sa page Facebook en réaction au retrait d’une candidate libérale de l’Alberta qui avait tenu des propos controversés sur Twitter il y a quelques années.
En réponse à une internaute qui se réjouissait de ce dénouement, il avait plaidé que le retrait de cette jeune femme constituait «une atteinte à la liberté d’expression» et qu’à son sens, «nous nous sommes engagés collectivement sur une pente glissante, la chasse aux sorcières».
Il a ajouté, dans le même message, que «de plus en plus de gens se retiennent de dire ce qu’ils pensent, ils font de l’autocensure» et qu’«à la longue c’est très mauvais pour la démocratie».