Trudeau attaque Mulcair sur la clarté référendaire
HAMILTON — Le chef libéral Justin Trudeau, qui faisait campagne dimanche avec l’ancien premier ministre Jean Chrétien, a accusé les néo-démocrates de vouloir faciliter l’éclatement du pays.
Lors d’un rassemblement à Hamilton, en Ontario, M. Trudeau a déclaré que le chef du Nouveau parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, remettrait sur la table la possibilité de la séparation du Québec.
Le chef libéral, qui se tenait aux côtés de Jean Chrétien, a affirmé que son adversaire abrogerait la Loi sur la clarté référendaire, qui stipule que tout référendum doit obtenir une majorité claire pour permettre la séparation.
Selon Justin Trudeau, Thomas Mulcair croit qu’un simple vote de 50 pour cent plus un devrait déterminer si le Canada doit demeurer uni ou non, l’accusant de s’adonner à des jeux politiques pour tenter de gagner quelques votes des indépendantistes.
Le chef libéral a souligné que M. Mulcair voulait «faciliter» la scission du pays. «La réalité, c’est qu’il n’aime pas en parler en anglais, mais il en parle tout le temps en français», a-t-il ajouté.
«Les divisions et la douleur que le référendum (a causées) aux Canadiens ne doivent pas se reproduire», a-t-il poursuivi.
M. Mulcair a rejeté cette critique, affirmant qu’il s’était battu toute sa vie pour un Canada uni, mais que la Loi sur la clarté référendaire ne spécifiait pas exactement ce que constitue une majorité claire.
«M. Trudeau peut continuer sa tournée avec Les Classels, nous on va regarder vers l’avenir. Nous, on est en train de parler de soins de santé pour l’avenir. M. Trudeau sort Jean Chrétien pour ressortir les épouvantails, nous on est en train de dire que les Québécois ont choisi une autre voie», a-t-il affirmé à Vancouver.
Jean Chrétien a par ailleurs vanté le bilan de son parti sur le plan des finances publiques, rappelant que ses gouvernements dans les années 1990 avaient renoué avec l’équilibre budgétaire après des années de règne conservateur. «Maintenant, Justin, tu devras faire la même chose pour M. Harper», a-t-il affirmé.
Il a également ridiculisé la promesse du NPD, qui souhaite rétablir l’équilibre budgétaire dès la première année de son mandat s’il est porté au pouvoir. «Allez, M. Mulcair, les Canadiens savent calculer», a-t-il raillé.
M. Chrétien a par ailleurs défendu son successeur qui se fait reprocher par certains son «manque d’expérience».
«Il est au Parlement depuis plus longtemps que son père était quand il est devenu premier ministre, que M. (Brian) Mulroney avant qu’il ne devienne premier ministre, que M. (Joe) Clark, que Mme (Kim) Campbell. Il a été sept ans et demi comme député. Il y a seulement moi qui est obligé de travailler pendant 30 ans avant de devenir premier ministre», a-t-il lancé.