Le NPD cible un conseiller économique libéral
OTTAWA — Le Nouveau Parti démocratique (NPD) accuse l’un des principaux conseillers économiques de Justin Trudeau, Bill Morneau, de contredire la position du chef libéral concernant la sécurité financière à la retraite des aînés canadiens.
Cependant, M. Morneau, qui est candidat libéral dans Toronto-Centre, assure que le NPD sort de son contexte un livre de 2013 qu’il a coécrit, intitulé «The Real Retirement: Why You Could Be Better Off Than You Think, and How to Make That Happen».
Les néo-démocrates font ressortir des extraits de l’ouvrage dans lequel le candidat libéral et son coauteur, Fred Vettese, questionnent la perception voulant que le Canada soit face à une «crise» de la retraite et suggèrent que l’amélioration du Régime de pensions du Canada devrait être liée au relèvement de l’âge de la retraite à 67 ans.
Justin Trudeau fait campagne en promettant d’améliorer le Régime de pensions et de ramener l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse et au Supplément de revenu garanti à 65 ans au lieu des 67 annoncés par le gouvernement conservateur.
Dans ce dossier, le chef libéral a l’appui actif de la première ministre ontarienne Kathleen Wynne, qui maintient que le pays se dirige vers une crise s’il n’aide pas les gens qui ont aujourd’hui 20, 30 ou 40 à épargner pour leur retraite.
Bill Morneau a déclaré que le NPD n’avait pas fait ses devoirs, car son livre est selon lui entièrement cohérent avec l’actuelle politique libéral sur la sécurité financière à la retraite.
L’ouvrage soutient qu’il n’y a pas de crise de retraite pour plusieurs des actuels retraités, mais qu’il y a des défis pour un «grand éventail» de personnes qui n’ont pas épargné suffisamment et que des défis encore plus grands attendent le Canada à cause de plusieurs facteurs, dont des régimes de retraite privés moins généreux, affirme M. Morneau.
La référence faite par le NPD au report de l’âge de la retraite à 67 ans fait référence à la bonification du Régime de pensions, et non à l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse ou au Supplément de revenu garanti, poursuit le candidat libéral. Il dit avoir toujours souhaité le maintien de l’accessibilité à ces programmes, destinés aux aînés les plus vulnérables, à 65 ans.
L’accusation du NPD est la dernière de la campagne d’échanges coup pour coup à laquelle se livrent les libéraux et les néo-démocrates, alors que chaque parti tente de faire douter de la qualité des conseillers économiques de l’autre, et par extension, du savoir-faire économique du chef rival.
Les libéraux ont déjà ciblé le candidat néo-démocrate Andrew Thomson, un ancien ministre des Finances de la Saskatchewan, pressenti comme ministre des Finances en cas de gouvernement néo-démocrate. M. Thomson se présente dans la circonscription torontoise d’Eglinton-Lawrence, où il tentera de battre le ministre des Finances sortant, Joe Oliver.