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Gilles Duceppe écorche son ancien allié syndical

Bloc Quebecois Leader Gilles Duceppe speaks to the media about the Pacific Rim deal in Montreal, Wednesday, October 7, 2015.THE CANADIAN PRESS/Peter McCabe Photo: The Canadian Press

SALABERRY-DE-VALLEYFIELD, Qc — Le chef bloquiste Gilles Duceppe a décoché une flèche à l’endroit de son ancien allié syndical, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), remettant en question l’efficacité de sa stratégie anti-Harper.

Le secrétaire général de l’organisation syndicale, Serge Cadieux, a déclaré en entrevue avec La Presse Canadienne qu’il ne voyait pas le besoin d’adapter sa stratégie électorale anti-conservateur à la suite de la dégringolade des néo-démocrates dans les sondages au Québec.

Pas question, donc, de revenir avec l’allié traditionnel, le Bloc québécois, même si la formation semble avoir quelque peu repris du poil de la bête, aidée par l’enjeu du niqab et la prestation de son chef aux deux débats en français, a indiqué M. Cadieux.

«C’est son problème, ce n’est pas le mien», a simplement commenté M. Duceppe lors d’un arrêt de campagne en Montérégie, jeudi matin.

«Je ne suis pas sûr que sa stratégie fonctionne très bien», a-t-il ensuite lâché en marge de son point de presse sur la relève agricole.

«Vous verrez, je pense qu’on aura des résultats le 19 octobre. Moi, je suis très confiant. Notre stratégie, la bonne, c’est la nôtre», a conclu le chef bloquiste.

De son côté, M. Cadieux invite toujours ses membres et la population à choisir un candidat dont la formation est la mieux placée pour déloger le gouvernement Harper, et non pas un candidat dont le parti est le plus susceptible de se porter à la défense de leurs intérêts.

La priorité, pour la présente élection, est de mettre les conservateurs à la porte, insiste le leader syndical, qui promet de redoubler d’efforts à cette fin d’ici le 19 octobre.

La FTQ a ciblé neuf circonscriptions pour le déploiement de cette stratégie.

À Québec et dans sa région sont visés les comtés de Beauport—Limoilou, Charlesbourg—Haute-Saint-Charles, Louis-Hébert, Louis-Saint-Laurent, Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup et Portneuf—Jacques-Cartier.

Dans la région du Saguenay, la FTQ espère déloger le lieutenant québécois de Stephen Harper, Denis Lebel, dans sa circonscription de Roberval—Lac-Saint-Jean et éviter l’élection de candidats conservateurs dans Jonquière et Chicoutimi—Le Fjord.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) l’avait emporté dans huit de ces neuf circonscriptions aux dernières élections de mai 2011.

Il faudra voir si les députés sortants parviendront à conserver leur siège avec l’effritement du vote néo-démocrate — des luttes très serrées se profilent dans la majorité de ces comtés.

Réfugiés syriens

Le dossier des réfugiés syriens est revenu dans l’actualité en ce jour 68 de la campagne électorale avec la parution d’un article dans le Globe and Mail.

Selon le quotidien, le bureau du premier ministre Harper aurait suspendu le printemps dernier l’étude des dossiers de réfugiés syriens que lui fournissait le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

Cette ingérence présumée — le chef conservateur n’a pas réagi à l’article, jeudi — a été critiquée à l’unanimité par ses adversaires politiques.

Gilles Duceppe l’a qualifiée de «totalement inadmissible» et a accusé Stephen Harper de «jouer avec la souffrance des gens» en agissant ainsi.

«C’est de l’ingérence dans quelque chose qui ne le concerne pas. Ça ne devrait pas être politique ou partisan, ça, mais foncièrement et fondamentalement humanitaire», s’est-il désolé.

Relève agricole

Le chef du Bloc québécois a fait un arrêt de campagne dans une ferme familiale de la Montérégie pour discuter des propositions de son parti en matière de relève agricole.

«Au rythme où vont les choses, il se perd une ferme par jour au Québec actuellement», a-t-il regretté.

Pour s’attaquer à ce problème, le leader bloquiste suggère notamment d’élargir la notion de transfert familial et d’augmenter le seuil d’exemption pour les gains en capital, qui est actuellement d’un million de dollars.

L’ouverture d’une brèche dans la gestion de l’offre qu’occasionnerait la ratification, par le Canada, du Partenariat transpacifique conclu en début de semaine pourrait aggraver cette situation déjà préoccupante, a signalé M. Duceppe.

En soirée, le leader bloquiste devait participer à l’enregistrement de l’émission «Tout le monde en parle», à l’instar de son adversaire libéral Justin Trudeau.

Les deux politiciens ne seront toutefois pas sur le plateau en même temps en vertu du format qui a été négocié entre les partis et l’équipe de l’émission diffusée sur les ondes de Radio-Canada.

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