Soutenez

Les Prairies au PC, le PLC fait une percée en C-B

Les conservateurs gardent leur emprise sur les Prairies canadiennes, mais la Colombie-Britannique et la ville de Winnipeg, notamment, basculent entre les mains des libéraux.

En Alberta, tout laisse croire que les conservateurs mettront la main sur l’ensemble de la province, à l’exception des grands centres urbains, grâce à l’appui d’environ 60 pour cent électeurs. On doit toutefois s’attendre à ce que le Nouveau Parti démocratique et les libéraux fassent des gains à Edmonton et Calgary.

Au déclenchement des élections, les conservateurs détenaient 27 des 28 circonscriptions albertaines. Depuis le redécoupage de la carte électorale, six comtés ont été ajoutés dans la province portant le nombre de députés albertains à 34.

La réélection du chef conservateur Stephen Harper à titre de député de Calgary Heritage n’a été qu’une formalité. Le ministre de la Défense nationale et du Multiculturalisme, Jason Kenney, la ministre de la Santé, Rona Ambrose, le ministre d’État aux Finances, Larry Sorensen, et la ministre d’État à la Diversification de l’économie de l’Ouest, Michele Rempel, n’ont pas du tout été embêtés par leurs rivaux.

Le NPD a conservé la seule circonscription qu’il détenait dans la province, Edmonton Strathcona, grâce à sa députée Linda Duncan. Le parti de Thomas Mulcair espérait pourtant une percée en Alberta après la victoire écrasante de son pendant provincial en mai dernier. Mais le chef néo-démocrate n’aura pas réussi à capitaliser sur le triomphe de Rachel Notley qui avait mis un terme à 43 ans de règne progressiste-conservateur. Il faut dire que la province vote bleu depuis 60 ans aux élections fédérales.

Un premier libéral s’est fait élire à Calgary depuis 1968. Darshan Singh Kang a réussi ce coup de maître dans Calgary Skyview. Le libéral Randy Boissonnault, un Franco-Albertain, pourrait également ajouter une tache rouge sur Edmonton-Centre.

En Saskatchewan, les électeurs sont également restés fidèles à leur tradition conservatrice, alors que plus de la moitié de la population a donné son appui aux troupes de Stephen Harper. Aux dernières élections, 13 députés conservateurs sur un total de 14 avaient été portés au pouvoir. Le président de la Chambre des communes, Andrew Scheer, a gardé Régina-Qu’appelle et le ministre de l’Agriculture, Gerry Ritz, représentera à nouveau les électeurs de Battlefords–Lloydminster.

L’ancien ministre libéral des Finances, Ralph Goodale, a conservé Regina–Wascana, un comté qu’il représente depuis 1993. M. Goodale avait été le seul représentant libéral à résister à la vague conservatrice qui avait déferlé sur la province en 2011.

Le NPD a fait un gain à Saskatoon-Ouest grâce à Sheri Benson, connue dans la région pour son travail en faveur du logement social, notamment.

Le Manitoba est tombé sous le charme de Justin Trudeau lundi. Près de 44 pour cent des électeurs ont voté en faveur du prochain gouvernement, alors que les libéraux n’avaient qu’un représentant à la Chambre des communes depuis les élections de 2011. Les conservateurs avaient 11 représentants et le NPD deux.

Les libéraux ont fait plusieurs gains dans la province, particulièrement à Winnipeg. L’ancien candidat à la mairie de Winnipeg, Robert-Falcon Ouellette, a défait le néo-démocrate Pat Martin qui représentait Winnipeg Centre depuis 1997.

Dan Vandal, un ancien maire adjoint et conseiller municipal, a mis la main sur Saint-Boniface-Saint-Vital, une circonscription laissée vacante par la ministre conservatrice Shelly Glover.

Les libéraux avaient fondé beaucoup d’espoir en Jim Carr et l’homme, bien apprécié du monde des affaires, n’aura pas déçu. Il a ravi Winnipeg-Centre-Sud — l’ancien comté du ministre libéral Lloyd Axworthy — à la conservatrice Joyce Bateman. «Je ne l’aurais pas prédit!», a lancé le nouvel élu qui pourrait bien devenir ministre.

Le conservateur Steven Fletcher, qui a déjà été ministre sous le gouvernement Harper, s’est fait montrer la porte par le libéral Doug Eyolfson dans Charleswood-St. James-Assiniboia-Headingley, une circonscription à l’ouest de la capitale.

Kevin Lamoureux a été réélu sans embûches dans Winnipeg-Nord sous la bannière libérale. Et Terry Duguid a aidé à peindre la ville de Winnipeg en rouge en remportant Winnipeg-Sud et en coupant l’herbe sous le pied du conservateur Gordon Giesbrecht, qui avait défrayé les manchettes durant la campagne pour avoir comparé les avortements à l’Holocauste.

Les conservateurs ont toutefois gardé leur mainmise sur les régions rurales de la province.

L’impopularité du gouvernement néo-démocrate de Greg Selinger, qui dirige la province depuis 2009, aura nui à Thomas Mulcair. Le NPD a réussi à conserver Churchill-Keewatinook Aski, grâce au travail de l’ancienne candidate à la succession de Jack Layton, Niki Ashton. Une percée dans Elmwood-Transcona est encore possible.

La vague rouge a ensuite déferlé sur la grande région de Vancouver, permettant aux libéraux de faire plusieurs gains. Ils n’avaient pourtant remporté que deux sièges dans toute la province aux dernières élections. Les conservateurs en détenaient 20, les néo-démocrates 12 et les verts un seul.

La ministre du Revenu national, Kerry-Lynne Findlay, s’est fait montrer la porte par la libérale Carla Qualtrough dans Delta. Le député conservateur Andrew Saxton a fait mouche dans North Vancouver, laissant sa place à Jonathan Wilkinson. Et le vétéran de la guerre en Afghanistan, le libéral Harjit S. Sajjan, a gagné sa bataille dans Vancouver-Sud contre la députée conservatrice Wai Young.

Quelques circonscriptions demeurent toutefois oranges dans la grande région de Vancouver, notamment New Westminster-Burnaby que représente Peter Julian depuis 2004.

Le sud et l’est de la province demeurent toutefois majoritairement bleus. Le ministre du Commerce international, Ed Fast, que l’on a peu vu durant la campagne, n’a pas été ennuyé par ses adversaires dans Abbotsford. Le NPD a cependant créé une brèche dans Okanagan-Sud-Kootenay-Ouest avec l’élection de Richard Cannings.

Les néo-démocrates ont pu capitaliser sur leur popularité sur l’île de Vancouver et dans le nord-ouest de la province. Le candidat à la direction du parti en 2012 Nathan Cullen n’a pas eu à s’inquiéter pour son siège dans Skeena-Bulkley Valley. Le ministre d’État et whip du gouvernement John Duncan a frappé un mur dans Courtenay-Alberni, un revirement qui permet au néo-démocrate Gord Johns de faire son entrée à la Chambre des communes.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, conserve son siège de Saanich-Gulf-Islands sur l’île de Vancouver, mais demeure la seule élue verte dans le pays.

Au Nunavut, la ministre de l’Environnement, Leona Aglukkaq, a terminé troisième, se faisant ravir son siège par le libéral Hunter Tootoo. Les troupes de Justin Trudeau ont mis la main sur les trois territoires canadiens.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.