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Québécois sans frontières: Femme d’affaires en Bavière

Photo: Collaboration spéciale

Karina Schwarzenböck, une jeune femme de 34 ans originaire de Montréal, s’est taillé une place dans un univers typiquement masculin et allemand en dirigeant une entreprise de machinerie spécialisée, MBM Maschinenbau, en Bavière. Métro poursuit sa série de portraits de Québécois qui s’illustrent à l’étranger, mais qui sont pratiquement inconnus chez nous.

Lorsque Karina Schwarzenböck est arrivée en Allemagne en 2005 pour compléter une maîtrise en administration des affaires, elle ne parlait pas un mot d’allemand. Aujourd’hui, c’est à 95 % en allemand qu’elle gère ses 280 employés et conduit ses relations d’affaires.

Bien sûr, la barrière de la langue a posé un défi à Karina lorsqu’elle a pris la relève de l’entreprise de son père à 27 ans, mais asseoir sa crédibilité dans un monde masculin et plus âgé a été encore plus exigeant. «Au début, c’était difficile. Je devais montrer que je savais de quoi je parlais et que je pouvais être comme les hommes, confie Karina en entrevue avec Métro. Maintenant, j’ai plus confiance en moi. J’ai moins peur de poser des questions quand il y a des choses que je ne comprends pas.»

«Il y a un élément de surprise quand j’arrive dans un meeting avec de nouveaux clients et qu’ils voient que je m’y connais bien.» -Karina Schwarzenböck

La femme d’affaires croit même que sa différence peut être un avantage. «Il y a des habitudes que les gens tiennent pour acquises et ne remettent pas en question. Moi, je le fais. Par exemple, je m’en fais moins avec les hiérarchies. Les employés disent qu’il est facile de communiquer avec moi», soutient-elle, particulièrement fière que ses employés restent aussi longtemps au service de sa compagnie et travaillent bien en équipe.

ACTU - Karina SchwarzenböckDes technologies de pointe
La croissance légère et continue de MBM Maschinenbau depuis qu’elle en a pris les rênes a de quoi gonfler la confiance de l’entrepreneure. Son chiffre d’affaires approche aujourd’hui les 50 M$, plus de 10 M$ de plus qu’il y a sept ans.

Ses clients sont Airbus, Siemens, BMW et bien d’autres. «On produit ce que le client nous demande, dans plusieurs industries comme l’automobile, l’aéronautique, l’emballage plastique ou l’agriculture. On fabrique généralement des machines qui s’intègrent dans la chaîne de production de ces entreprises, comme à l’étape de la peinture ou de la pose des ailes d’avion», explique Karina.

Un des plus gros défis de son entreprise est de respecter la précision demandée par les acheteurs, de plus en plus grande. «Il faut que nos machines puissent par exemple faire un trou dans le métal au centième de millimètre près, par comparaison au millimètre près d’il y a quelques années», relate-t-elle.

Une vie loin de Montréal
Karina s’ennuie parfois de Montréal, une ville qu’elle juge incroyable, de sa famille et de ses amis. «Je ne veux pas perdre contact avec mes racines. Je remarque que je perds mon français; or, c’est important pour moi de garder ma langue», souligne-t-elle.

Par contre, presque toute sa vie se passe maintenant dans la petite ville de Mühldorf, près de Munich. Elle est mariée à un Bavarois, dont elle a adopté le nom de famille. Il travaille avec elle au sein de l’entreprise. «Mon mari dit que les Québécois sont comme les Bavarois du Canada. La mentalité, le style de vie, la joie de vivre et la façon d’interagir avec les gens sont similaires», évalue celle qui se sent visiblement à sa place dans cet État allemand.

Elle adore la présence des montagnes, des lacs, des villes pittoresques et le fait que l’hiver soit plus doux qu’au Québec. Elle se réjouit également de la facilité avec laquelle elle a pu se faire un réseau d’amis et de contacts. «Je rencontre notamment d’autres Québécois qui ont de beaux projets en Allemagne», note-t-elle.

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